L’Indonésie et la REDD + à Doha: Aller au-delà du carbone vers le développement durable

DOHA, Qatar (28 novembre 2012)_ L’Indonésie utilise un programme d’atténuation du changement climatique soutenu par l'ONU, sans le réduisant à être un simple outil pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation: Le pays cherche également à développer un plan à plusieurs volets pour améliorer la gouvernance forestière et réduire la pauvreté.
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DOHA, Qatar (28 novembre 2012)_ L’Indonésie utilise un programme d’atténuation du changement climatique soutenu par l’ONU, sans le réduisant à être un simple outil pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation: Le pays cherche également à développer un plan à plusieurs volets pour améliorer la gouvernance forestière et réduire la pauvreté.

La population vivant dans ou à proximité des forêts de cette nation équatoriale étendue est d’environ 49 millions, selon les dernières estimations. Ces personnes constituent également l’un des plus grands groupes du pays de pauvres – un quart d’entre eux vivant avec moins de 2 dollars par jour. Ces communautés utilisent les forêts afin d’obtenir du bois de feu, de chasser, de cueillir des plantes médicinales, des écorces et autres produits non ligneux pour une utilisation à domicile ou pour la vente sur les marchés locaux.

« Quand on veut protéger les forêts, on doit traiter avec les gens qui vivent dans ces forêts », explique Kuntoro Mangkusubroto, qui dirige le groupe de travail de l’Indonésie pour la Réduction des Emissions résultant du Déboisement et de la Dégradation des forêts, ou REDD +.

Entre autres choses, cela signifie de donner aux communautés locales des incitations économiques pour qu’ils aident activement à protéger les arbres qui demeurent.

« Cela veut dire pour moi d’aller au-delà du carbone … c’est l’essence même de la REDD + », déclare Mr Mangkusubroto.

La REDD + vise à récompenser financièrement les pays en voie de développement pour préserver leurs forêts riches en carbone. Le programme est un élément clé dans les efforts de l’Indonésie pour atteindre son engagement de réduire les émissions de 26 pour cent par rapport aux niveaux ‘business-as-usual’, et jusqu’à 41 pour cent avec de l’aide extérieure, en 2020.

Le retard des financements à grande échelle pour des projets REDD + a internationalement vu de nombreux experts appeler les gouvernements à donner la priorité aux actions qui construisent une fondation pour la REDD + et à mettre en œuvre des réformes politiques ‘sans regrets’, telles que l’amélioration de la gouvernance forestière, la lutte contre la pauvreté et l’application des lois.

Alors qu’à l’échelle internationale la REDD + a mis un accent lourd sur le rôle des forêts dans le ralentissement du changement climatique, les partisans de l’Indonésie ont déplacé leurs stratégies vers un encouragement des communautés locales à protéger leurs forêts en fournissant des moyens de subsistance alternatifs.

En tant que tel, la REDD + représente une manière pour l’Indonésie d’atteindre son objectif de ‘croissance durable et équitable’, dit Mr Mangkusubroto.

« Nous quittons l’ancien paradigme d’avoir des arbres coupés et d’obtenir de l’argent pour cela, et entrons dans une nouvelle ère: les arbres resteront debout, en même temps que des revenus sont reçus et le bien-être des populations est amélioré », dit-il.

« La vieille pensée a été avec nous pendant 40 ans, [maintenant nous développons] cette nouvelle façon de penser. »

Lutter contre la criminalité environnementale

Une des raisons pour lesquelles le taux de déforestation et de dégradation des forêts est élevé en Indonésie est parce que l’abattage illégal des arbres est souvent sans conséquences, dit Mas Achmad Santosa, chef du groupe de travail d’examen juridique et de l’application des lois de la REDD +.

Mr Santosa et ses collègues tentent d’améliorer la coordination entre les différentes agences compétentes dans le secteur forestier. Ils passent en revue la législation existante et s’assurent que des arsenaux juridiques appropriés sont utilisés à chaque fois que des mesures répressives sont prises contre des contrevenants.

Nous quittons l’ancien paradigme d’avoir des arbres coupés et d’obtenir de l’argent pour cela, et entrons dans une nouvelle ère: les arbres resteront debout, en même temps que des revenus sont reçus et le bien-être des populations est amélioré

Cela signifie l’application de règlements différents, y compris les lois sur le blanchiment d’argent, sur la lutte contre la corruption ou sur les plantations, en même temps d’enquêter sur les crimes environnementaux ou les violations liées à la foresterie, explique Mr Santosa, ajoutant que le groupe de travail de la REDD + fournit une assistance juridique et des formations à divers organismes en application de la loi sur ce sujet.

Ils étudient également plusieurs cas afin de montrer comment mettre en œuvre une telle méthode.

Mr Santosa a cité l’exemple du cas récent des tourbières Rawa Tripa dans la province d’Aceh, d’où il a été rapporter qu’une zone profonde de tourbe était convertie en plantation d’huile de palme, en dépit des règlementations existantes interdisant une telle pratique.

Une enquête menée par le Ministère de l’Environnement a révélé des violations de plusieurs lois environnementales, y compris l’utilisation illégale de feu pour défricher les terres, dit-il. Le Ministère des Forêts a utilisé la loi de protection / conservation, en investiguant comment les orangs-outans ont été tués au cours du défrichement.

« Le gouverneur d’Aceh a été encouragé d’utiliser ses pouvoirs administratifs pour révoquer le permis », dit Mr Santosa. Le gouverneur Zaini Abdullah a révoqué le permis de convertir environ 1600 hectares des tourbières de Rawa Tripa en fin septembre.

Vue que le mandat du groupe de travail de la REDD + se termine cette année, la division d’application de la loi travaille également sur le développement d’un ‘système d’application sous un toit’, par lequel les organismes gouvernementaux liés travaillent ensemble pour lutter contre les crimes environnementaux en utilisant divers règlements.

Le problème des licences

Une autre étape que la REDD + espère accomplir est d’encourager les examens de licences existantes. Le groupe de travail a conclu un accord avec le gouvernement dans la province de Kalimantan central afin de revoir les licences dans trois districts, dit Mr Santosa.

Le chef des enquêtes du Ministère des Forêts, Raffles Brotestes Panjaitan, a dit que sa division avait les mains pleines de demandes de licences qui se chevauchent.

« Nos dirigeants semblent avoir le pouvoir de donner toutes les licences pour les zones boisées », dit-il, ajoutant qu’en général ils n’ont pas été informés lorsqu’un permis a été délivré dans une zone particulière.

« Nous avons calculé qu’environ 2500 licences ne respectent pas les règles. Bien qu’un Ministre n’ait pas délivré un permis pour emprunter ou utiliser des terres pour des activités minières, ou des droits de libérer des terres pour en faire des plantations, les terres sont utilisées pour ses mêmes raisons. »

Les enquêtes sur 44 cas distincts, impliquant des licences illégales ou se chevauchant, ont déjà commencé, dit-il.

Aller de l’avant avec la REDD +

Pour s’assurer que les progrès initiés par le groupe de travail continuent de progresser, une agence nationale permanente de la REDD + sera créée début de l’année prochaine, déclare Mr Mangkusubroto.

« Cette agence sera indépendante et rendra compte directement au président. Elle aura de l’autorité et un ensemble de pouvoirs pour mettre en œuvre, coordonner et synchroniser les affaires. Autrement, les choses vont finir par être très faible », dit-il.

« Avoir une agence nationale de ce type est une condition préalable pour s’assurer que nous atteignons les objectifs à la fois environnementaux et de développement de l’Indonésie. »

 

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