La surveillance des forêts devrait intégrer les données de biodiversité et socio-économiques, selon des experts

DOHA, Qatar (6 décembre 2012) _ Les pays doivent veiller à ce que leurs activités de surveillance des forêts au titre de la REDD + aillent au-delà de la simple mesure des émissions de carbone et des changements dans les zones forestières - ils doivent être intégrés aux suivis d’autres valeurs forestières telles que la biodiversité et les conditions sociales rurales, ont dit des experts en marge des négociations sur le climat de l'ONU à Doha cette semaine.
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Les activités de surveillance des forêts dans le cadre de la REDD + doivent aller au-delà de la simple mesure du carbone , mais elles doivent également intégrer les données sur la biodiversité et les moyens de subsistance. Dita Alangkara/CIFOR.

DOHA, Qatar (6 décembre 2012) _ Les pays doivent veiller à ce que leurs activités de surveillance des forêts au titre de la REDD + aillent au-delà de la simple mesure des émissions de carbone et des changements dans les zones forestières – ils doivent être intégrés aux suivis d’autres valeurs forestières telles que la biodiversité et les conditions sociales rurales, ont dit des experts en marge des négociations sur le climat de l’ONU à Doha cette semaine.

« Nous ne parlons ici pas seulement d’un simple système [de surveillance des forêts], nous parlons d’un outil pour le développement de politiques … c’est aussi une question de communication transparente et efficace entre le gouvernement et le peuple », a déclaré Jim Penman, membre du Bureau du groupe de travail sur le programme des inventaires de gaz a effet de serre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), au cours de l’évènement Forest Day 6.

La REDD + est un mécanisme qui transfert de l’argent à des pays en voie de développement pour les inciter à adopter des pratiques qui réduisent les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts – qui sont estimées  entre 11 et 17 pour cent aux émissions mondiales.

Les pays prenant part aux activités de la REDD + devront faire rapport de leurs progrès à l’aide d’un Système nationale de surveillance des forêts (National Forest Monitoring System ou NFMS). Ce système utilise une combinaison de télédétection et de travail sur le terrain pour effectuer les inventaires des stocks de carbone forestiers, afin d’estimer les émissions et absorptions de gaz à effet de serre liées aux forêts et dues à l’homme, les stocks de carbone forestier et les autres changements de la superficie forestière (comme  les taux de déforestation).

Cependant, dans leur conception actuelle, les systèmes de surveillance des forêts ne sont souvent pas tout à fait pertinents pour l’élaboration de politiques nationales car ils ne comprennent pas de données de base sur les enjeux socio-économiques liés à l’évolution des forêts, tels que l’utilisation des terres, la croissance de la population rurale et urbaine et d’autres facteurs  liés aux changements de la forêt.

L’intégration de telles informations permettra probablement aux pays d’obtenir une meilleure compréhension des activités qui provoquent la déforestation et les façons par lesquelles ces activités sont liées à d’autres secteurs (non forestiers). Ceci permettra aux pays de définir et prioriser leurs stratégies pour la REDD +, dans le contexte d’objectifs de développement plus vastes, tels que le développement rural ou les stratégies de développement à faible émission de carbone.

Pour assurer le succès et la durabilité des systèmes nationaux de surveillance des forêts, ils doivent être adaptés aux besoins de chaque pays , a déclaré Maria Sanz Sanchez, chef d’équipe de la Division de la gestion des forêts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« Le NFMS peut être un véritable outil interne, qui soutien non seulement la REDD +, mais également d’autres activités. »

Bien que de nombreux pays ont déjà une certaine forme de systèmes de surveillance des forêts sur place, leurs capacités à surveiller les forêts sont souvent loin du niveau requis pour participer pleinement à la REDD +, toujours parce qu’ils n’ont pas la technologie et la formation pour recueillir les données requises sur une base durable, à long terme.

Un rapport du CIFOR récemment publié met l’accent sur la manière dont le NFMS peut être développé grâce à une approche durable par étapes. Lorsque cela est possible, les pays devraient s’appuyer sur leur système de surveillance des forêts et leurs technologies existantes, afin de développer la surveillance pour la REDD +.

Le rapport discute, à partir d’expériences des pays en voie de développement, les facteurs clés de succès pour l’amélioration continue de la surveillance nationales des forêts

Ils ont constaté que de bons arrangements institutionnels, la coopération entre les secteurs, une ferme volonté et direction nationale, sont des facteurs clés de succès pour obtenir des améliorations continues des capacités nationales, a déclaré Martin Herold, l’un des auteurs du rapport.

Des cycles d’amélioration continue et l’apprentissage par la pratique sont des pratiques courantes dans de nombreux pays en voie de développement, néanmoins ils nécessitent une finance durable et la poursuite d’investissements dans l’éducation, la recherche et le développement afin d’assurer qu’ils puissent continuer à améliorer et à développer le NFMS.

Le concept de progrès par étapes et par l’amélioration continue de soutenir  le modèle appliqué par de nombreux pays pour la construction d’un système de suivi – c’est-à-dire qu’il faut du temps pour mettre en œuvre les méthodologies d’émissions et d’absorptions, et pour recueillir les données requises régulièrement.

Les pays devraient envisager une approche « sans regret » qui permette au système de surveillance des forêts de servir à diverses fins au-delà de la REDD + et la surveillance, le suivi, et la vérification du carbone. . Les informations plus vastes sur les valeurs forestières sociales et environnementales (la protection sociale, la biodiversité) sont utiles pour le développement de politiques et pour faire rapport à d’autres accords sur l’environnement.

Toutefois, l’introduction de protections sociales et d’aspects de la biodiversité demandera un plus grand degré de coordination des activités de surveillance des forêts. Ceci complique d’avantage le  système. Aussi une approche progressive par étapes est-elle utile. . Les pays devraient utiliser les données et expériences disponibles (par exemple au niveau des projets) sur le suivi de la biodiversité et les protections sociales pour soutenir le renforcement ciblé des capacités et l’amélioration continue du système de surveillance des forêts nationales.

Pour voir des photos et vidéos de Forest Day 6, visitez notre page Flickr et www.forestday.org/live

Pour plus d’informations sur les négociations sur le climat de l’ONU à Doha, cliquez ici.

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