Des nouvelles méthodes de plantation d’arbres et d´usage de l’eau augmentent le pourraient renforcer la sécurité alimentaire en Afrique

LONDRES, Royaume Unis (30 mars 2012)_ Des techniques innovantes de plantation d'arbres qui augmentent les niveaux de carbone organique dans le sol, un indicateur de la qualité du sol, sont encouragées sur les terres agricoles en Afrique de l'Ouest et au Sahel, afin de renforcer la sécurité alimentaire dans la région.
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Marché d´haricots à Kampala en Ouganda. Photo reproduite avec la permission de Neil Palmer (CIAT).

Marché d´haricots à Kampala en Ouganda. Photo reproduite avec la permission de Neil Palmer (CIAT).

LONDRES, Royaume Unis (30 mars 2012)_ Des techniques innovantes de plantation d’arbres qui augmentent les niveaux de carbone organique dans le sol, un indicateur de la qualité du sol, sont encouragées sur les terres agricoles en Afrique de l’Ouest et au Sahel, afin de renforcer la sécurité alimentaire dans la région.

« Le carbone dans le sol fournit un soutien important à la sécurité alimentaire par le maintien de la fertilité des sols pour la productivité agricole », explique Johnson Nkem, auteur d´une étude récente du CIFOR sur le rôle du carbone organique du sol dans l’amélioration de la qualité des produits agricoles en Afrique de l’Ouest.

Cependant, les principaux types de sols en Afrique de l’Ouest sont des Alfisols arables et des Ultisols d´argile rouge, qui ont des plus faibles niveaux de fertilité du sol par rapport aux Vertisols riches en argile.

“[Alfisols et Ultisols] sont incapables de supporter des cultures intensives et continues, sauf si il y a une amélioration du carbone organique dans le sol, ce qui renforce la fertilité du sol », dit Mr Nkem.

Nkem a ajouté  que les façons innovantes de planter des arbres pour améliorer le carbone dans le sol incluent les techniques « demi lune » et « cordon pierre », qui sont couramment utilisées dans le Sahel en Afrique.

Les deux techniques aident à conserver l’humidité du sol et les engrais, tel que le fumier, autour du semis, soutenant ainsi la croissance initiale. Ces mesures aident également à retenir sur le long terme l’humidité autour de la base du petit plant d’arbre, ce qui encourage les activités microbiennes du sol.

Il conseille également de faire pousser et de maintenir des arbres sur les terres de cultures ou de pâturages. « La terre utilisée
pour les cultures et les pâturages peut augmenter les niveaux de carbone dans le sol, à la suite de gains nets obtenus en soumettant le sol à un processus dynamique d’ajout et de suppression de matières organiques.

Faire pousser des plantes avec des systèmes racinaires profonds a aussi le potentiel d’augmenter le carbone organique dans le sol, en particulier à des profondeurs plus grandes du sol, ajoute t-il.

Le carbone à des profondeurs plus importantes est plus stable et moins sujette à la dégradation microbienne, qui est le processus par lequel les microbes décomposent le carbone en dioxyde de carbone ensuite relâché dans l’atmosphère, étant donné que la population microbienne est beaucoup plus élevée dans la couche terrestre superficielle que dans le sous-sol.

L’agriculture représente environ  21 pour cent du PIB du continent en Afrique sub-saharienne et elle est une source essentielle d’emplois dans les zones rurales où  habite   63 pour cent de la population.

Le changement climatique est toutefois estimé à avoir des répercussions graves sur la production agricole, y compris l’accès à l’alimentation dans de nombreux pays africains. D´ici 2020, les rendements de l’agriculture pluviale pourraient être réduits de jusqu’à 50 pour cent dans certains pays, ce qui va nuire à la sécurité alimentaire et aggraver la malnutrition, selon le Groupe d´experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat.

La Commission sur l’Agriculture Durable et le Changement Climatique a publié un rapport exhaustif appelant à des mesures décisives pour lutter contre l’insécurité alimentaire durant la conférence « Planet under Pressure » (Planète sous pression) de cette semaine.

Leurs recommandations encouragent les investissements mondiaux dans l’agriculture durable pour fonctionner à un « rythme sans danger » pour les gens de la planète, afin que nous « équilibrons la quantité de nourriture que nous produisons, combien nous consommons et gaspillions, et à quel point l’agriculture contribue davantage au changement climatique », a expliqué Bob Scholes, le Commissaire pour l’Afrique du Sud au  Conseil de la Recherche Scientifique et Industrielle (CSIR).

Un niveau élevé de carbone dans le sol améliore la qualité du sol en augmentant les niveaux d’azote, de phosphore et de potassium dans le sol. Il minimise également le lessivage de ces minéraux à la suite de fortes pluies, qui sont une caractéristique des tropiques, et améliore la structure physique du sol, le protégeant ainsi contre l’érosion par le vent et l´eau.

Une augmentation de seulement 1 milligramme de carbone dans le sol sur les terres agricoles dégradées devrait augmenter le rendement des cultures de 20 à 40 kilogrammes par hectare pour le blé, de 10 à 20 kilogrammes par hectare pour le maïs et de 0,5 à 1 kg par hectare pour le niébé, indique le rapport du CIFOR.

L’utilisation de crédits de carbone aux niveaux national ou sous-national est également importante pour l’amélioration du stockage de carbone.

« Offrir des incitations financières aux agriculteurs pour faire la transition vers des pratiques de production à faibles intrants, qui favorisent l’accumulation de carbone organique dans le sol qui à son tour stimule la productivité, permettra de réduire considérablement la quantité de nouvelles émissions attribuées à la production agricole », a déclaré Nkem, l´ancien coordonnateur mondial du projet  du CIFOR intitulé Tropical Forests and Climate Change Adaptation, qui produit de la recherche pour les processus politiques dans des pays, tel que l’Afrique occidentale, pour renforcer les écosystèmes forestiers dans leur rôle en tant que fournisseurs importants de biens et de services.

Mais il conseille de mettre en œuvre des mesures d’incitation avec prudence. « Faire entrer le carbone organique du sol dans le commerce peut avoir des conséquences indésirables sur la sécurité alimentaire », a t-il dit, en ajoutant qu´un produit de culture choisi pour améliorer le carbone organique dans le sol ne serait pas nécessairement une culture prioritaire pour la sécurité alimentaire.

« Tout comme pour les produits biologiques, il devrait y avoir un soutien financier en tant qu’incitation, ou une augmentation des prix pour les pratiques de production agricole à faibles intrants, qui n’augmentent pas les émissions de dioxyde de carbone, mais au lieu de ceci augmentent les niveaux de carbone organique dans les sols. »

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