Les aliments forestiers devraient être utilisés pour lutter contre la malnutrition mondiale

Les aliments forestiers contribuent à réduire la malnutrition à travers le monde.
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Dibutuhkan riset lebih lanjut tentang komposisi nutrisi bahan pangan dari hutan dibandingkan dengan makanan lain.

BOGOR, Indonésie (8 Avril 2013) _ Les aliments issus des forêts et riches en nutriments pourraient jouer un rôle important pour les efforts visant à fournir une alimentation saine pour les hommes partout dans le monde, à condition qu’ils soient identifiés dans les stratégies nationales de nutrition et rendus plus facilement accessibles, selon une nouvelle étude scientifique.

Les richesses de la forêt, telles que les oiseaux sauvages, les rongeurs et les animaux plus grands, ainsi que les feuilles, tiges, racines, fruits, champignons et noix, pourraient contribuer à assurer la sécurité alimentaire pour les personnes qui sont actuellement sous-alimentées – un nombre qui ne cesse d’augmenter malgré les efforts internationaux, a déclaré Bronwen Powell, chercheuse au Centre pour la Recherche Forestière Internationale (CIFOR), lors de la Journée mondiale de la Santé.

La plupart des décideurs politiques ont mis l’accent sur le rôle des cultures de base riches en énergie, telles que le maïs et le riz, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Néanmoins, cette approche ne prend pas en compte le fait qu’il y a maintenant plus de deux fois plus de personnes en manque de micronutriments que le nombre estimé de personnes ayant faim.

Au niveau mondial, environ 870 millions de personnes n’ont pas assez à manger et plus de deux milliards* souffrent de carences en micronutriments, selon les organismes des Nations Unies (ONU) pour les questions alimentaires.

Le changement climatique, l’urbanisation croissante et le coût élevé des aliments devraient également être abordés, a déclaré Mme Powell.

« Bien qu’il y ait très peu de communautés dans le monde qui comptent actuellement sur les aliments issus des forêts pour fournir une alimentation complète, les forêts et la nourriture sauvage peuvent aider à maintenir l’alimentation des ménages durant les périodes difficiles en complétant la saisonnalité des cultures de base », a-t-elle dit.

« Ces aliments forestiers fournissent rarement un grand pourcentage de l’apport calorique, mais ils sont très importants pour l’apport en micronutriments tels que la vitamine A, le fer et le calcium. »

Entre autres avantages, une alimentation équilibrée peut aider à lutter contre l’hypertension artérielle – le thème principale de la Journée mondiale de la Santé 2013. Cette condition touche un adulte sur trois dans le monde et cause environ la moitié de tous les décès via des accidents vasculaires cérébraux et des maladies du cœur, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Nous voulons faire changer l’orientation des politiques vers l’apport de plus de nutriments, plutôt que de calories, et c’est là que les aliments forestiers entrent en jeu», a-t-elle dit.

1,6 milliard de personnes dépendent des forêts, qui couvrent plus de 30% de la surface terrestre du monde, pour trouver leurs moyens de subsistances, selon les données de 2010 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La prochaine Conférence internationale de la FAO sur les forêts pour la sécurité alimentaire et la nutrition à Rome explorera le rôle important que jouent les forêts dans la vie des populations rurales et l’économie mondiale.

Ces sources alimentaires contribuent également à la sécurité alimentaire, a expliqué Mme Powell, se référant à une étude globale récente, réalisée par le CIFOR. L’étude a constaté que le revenu lié aux forêts contribue pour environ un cinquième des revenus totaux des ménages ruraux dans 24 pays – cette argent pourrait alors, si il est utilisé à bon escient, être utilisé pour acheter des aliments* nutritifs.

La viande de brousse est la principale source de protéines animales dans de nombreuses forêts tropicales et fournit des niveaux essentiels de micronutriments, tels que le fer, qui sont moins disponibles dans les aliments d’origine végétale, a dit Mme Powell. Elle a ajouté, qu’une étude récente à Madagascar a montré que, sans accès à la viande de brousse, 30% d’enfants supplémentaires souffriraient de carence en fer*.

« Les aliments issus des forêts ne peuvent pas être une panacée pour les problèmes mondiaux liés à la sécurité alimentaire et à la nutrition, mais dans certains contextes géographiques spécifiques, ils peuvent jouer un rôle important », a déclaré Barbara Vinceti, chercheuse à Bioversity International. Elle a ajouté, que des aliments sous-utilisés, riches en micronutriments et disponibles localement peuvent être abordables et potentiellement plus acceptables que d’autres options.

« Il y a un intérêt croissant pour l’utilisation des aliments issus d’arbres et de plantes indigènes ou traditionnels afin de répondre aux besoins nutritionnels élevés des nourrissons et des enfants, dont l’alimentation est basée principalement sur les céréales et les légumes, » a-t-elle dit, en citant en exemple un condiment fermenté, fabriqué à partir des graines riches en fer du soumbala (Parkia biglobosa) en Afrique de l’Ouest et utilisé comme un substitut de viande à bas prix par les familles.

Davantage de recherches sur la composition nutritionnelle des aliments de la forêt par rapport à d’autres aliments sont nécessaires, a dit Mme Powell, en ajoutant que plus de connaissances seraient nécessaires afin d’assurer la durabilité et la protection contre la surexploitation.

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales (ONG), les écoles, les hôpitaux et les centres de santé peuvent également aider, en promouvant les régimes alimentaires qui comprennent des produits forestiers d’une manière responsable et bien gérée.

« L’établissement de plates-formes politiques qui mettent en rapport la nutrition avec des secteurs tels que l’environnement, la santé, le développement, l’agriculture et la conservation, permettrait d’assurer une meilleure promotion des aliments forestiers au sein des programmes nationaux de nutrition », a expliqué Mme Vinceti.

Plusieurs facteurs peuvent être responsables de la négligence et de la baisse de l’utilisation des aliments locaux – y compris les aliments issus des forêts – en fonction du contexte, a-t-elle ajouté.

« Ces facteurs comprennent la perception culturelle, la pénurie physique du produit en conséquence de l’épuisement des ressources, la réduction du temps disponible pour collecter des aliments sauvages en raison des changements de la répartition des disponibilités en main-d’œuvre d’un ménage, la pression croissante sur le temps des femmes, la perte des connaissances sur les aliments forestiers et peu de possibilités de commercialiser la production, » a expliqué Mme Vinceti.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du Programme de Recherche sur les Forêts, les Arbres et l’Agroforesterie du et il est soutenu par le projet mondiale FEM / PNUE / FAO Biodiversity for Food and Nutrition.

* liens non traduits en français

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