Analyse

Journée mondiale de la Santé 2013 : combattre la malnutrition et les infections par les forêts

La forêt est une ressource importante de nourriture et de bienfaits pour la santé.
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Seorang Ibu mempersiapkan makanan dari jamur liar yang diambil dari hutan di negara Zambia. CIFOR/Fiona Paumgarten

Une femme prépare des champignons comestibles  sauvages issus de la partie zambienne de la savane boisée du Miombo pour le séchage, Zambie du nord-ouest . CIFOR/Fiona Paumgarten

BOGOR, Indonésie (7 Avril 2013) _ La Journée mondiale de la Santé est un moment où je pense – en tant que nutritionniste – aux liens entre la nutrition et les infections.

Les estimations actuelles indiquent que 30% de la mortalité infantile mondiale* sont directement ou indirectement liés à la malnutrition. Ceci est dû au fait que les infections et la malnutrition sont liées d’une manière cyclique : la malnutrition diminue la fonction immunitaire et augmente le risque d’infection (une carence en vitamine A augmente, par exemple, le risque de diarrhée et d’infections des voies respiratoires) – alors que l’infection accroît les besoins nutritionnels et le risque de souffrir de malnutrition (le parasite du paludisme détruit, par exemple, les globules rouges et peut entraîner des carences en fer).

Les forêts contribuent à la fois à la nutrition humaine ainsi qu’à la santé et aux maladies humaines*. Elles fournissent environ 75% de l’eau utilisable au niveau mondial*, en assurant une filtration naturelle et un maintien de services écosystémiques. Dans les communautés pauvres, qui n’ont pas accès à l’eau potable, pratiquement tous les enfants peuvent être infectés par des parasites intestinaux et souffrir de diarrhée, ce qui augmente leur probabilité d’être anémique et en retard de croissance.

Les changements de l’utilisation des terres et de la couverture forestière ont également changé les taux de paludisme. En Amazonie péruvienne, les zones de forte déforestation avaient des taux de piqûres de moustiques huit fois plus élevés* que les zones ayant subi une déforestation moindre.

Ceci est dû au fait que les paysages modifiés par l’homme, où l’eau peut s’accumuler (fossés de routes, fosses minières et zones de mauvais débroussaillage), fournissent un terrain fertile pour la reproduction des moustiques porteurs de la malaria. Une étude du Brésil a montré qu’un changement de 4,3% du couvert forestier a été associé à un taux d’environ 50% plus élevé du paludisme*.

Les forêts et les arbres sont également une source essentielle pour le bois de chauffage*. Un article rédigé par le personnel du CIFOR explique, comment la rareté en bois de feu peut poser de nombreux risques pour la santé des femmes*: la fumée provenant d’espèces de bois de feu moins appréciées peut présenter des risques accrus pour la santé des voies respiratoires. En outre, les femmes ont moins de temps pour se procurer et préparer des aliments sains lorsqu’elles doivent aller plus loin pour trouver du bois pour le feu.

En ce qui concerne la sécurité alimentaire et la nutrition*, les aliments sauvages, qui proviennent des forêts et des terres agricoles ayant une couverture d’arbre (telles que les jachères et les agroforêts), incluent le plus souvent des fruits, des légumes et de la viande de brousse : qui sont de bonnes sources de vitamine A et de fer.

En Tanzanie*, nous avons constaté que les enfants qui avaient consommé des aliments sauvages issus des forêts ont eu des régimes plus variés et plus nutritifs. Bien que les aliments sauvages avaient apporté seulement 2% de l’apport calorique total des enfants, ils représentaient plus de 30% de la vitamine A et près de 20% du fer que les enfants avaient consommé par jour (Powell et al. in press).

La viande de brousse* joue un rôle important pour l’alimentation de nombreuses personnes* vivant dans les zones rurales des pays en voie de développement. La viande de brousse est importante non seulement en tant que source de protéines, mais aussi parce qu’elle est une bonne source de fer et d’autres micronutriments essentiels pour la santé, la croissance et le développement (le fer issu de viande est mieux absorbé que le fer issu de plantes).

Une étude récente au Madagascar* a constaté que sans accès à la viande de brousse, environ 30% plus d’enfants souffriraient d’anémie.

Il est clair que nous ne pouvons pas vaincre la malnutrition globale et les carences en micronutriments sans une amélioration des régimes alimentaires, tout comme une réduction des taux d’infection.

Cette année, la Journée mondiale de la Santé met l’accent sur l’hypertension artérielle, une maladie qui est fortement associée au régime alimentaire et au poids corporel. Les forêts peuvent également être en mesure d’aider pour l’hypertension artérielle.

De nouveaux travaux du CIFOR se penchent actuellement sur le rôle des forêts à assurer l’accès et la consommation de quantités suffisantes de fruits et légumes.

La consommation accrue en fruits et légumes améliore non seulement la consommation de certains micronutriments tels que la vitamine A, mais a également été associée à une réduction de la pression artérielle. Nos nouveaux travaux sur le rôle des forêts pour la sécurité alimentaire et la nutrition seront bientôt accessibles.

* liens non traduits en français

Les recherches du CIFOR sur les forêts et la nutrition s’inscrivent dans le cadre du Programme de Recherche sur les Forêts, les Arbres et l’Agroforesterie CGIAR et sont soutenues par le Département britannique pour le développement international (DFID) et l’Agence autrichienne du développement.

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