Les scientifiques cherchent à identifier le rôle des forêts dans la lutte contre la «faim cachée»

L'idée que l'augmentation de la production agricole serait la stratégie la plus adaptée afin d’obtenir une sécurité alimentaire mondiale risque en réalité de permettre aux terres agricoles d’empiéter sur des écosystèmes précieux, avoir un impact désastreux sur les forêts et ne pas résoudre la sécurité alimentaire et les problèmes de nutrition.
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Datos de las Naciones Unidas indican que la población mundial crecerá de siete mil millones a más de nueve mil millones para el 2050, aumentando las ya elevadas tasas de deforestación en regiones tropicales y exacerbando las amenazas a la salud. CIFOR/Olivier Girard

Les données de l’ONU indiquent que la population mondiale passera de 7 milliards à plus de 9 milliards d’ici 2050, tout en augmentant les taux déjà élevés de déforestation dans les régions tropicales et en exacerbant les menaces pour la santé. CIFOR / Olivier Girard

ROME, Italie (13 mai 2013) – L’idée que l’augmentation de la production agricole serait la stratégie la plus adaptée afin d’obtenir une sécurité alimentaire mondiale risque en réalité permettre aux terres agricoles d’empiéter sur des écosystèmes précieux, avoir un impact désastreux sur les forêts et ne pas résoudre la sécurité alimentaire et les problèmes de nutrition, disent les scientifiques.

Davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre l’impact qu’ont les forêts et les systèmes agricoles basés sur des cultures arboricoles sur les besoins alimentaires et nutritionnels d’au moins 1 milliard de personnes, dont les moyens de subsistance sont directement liés aux forêts, selon des scientifiques dans un document de travail publié à la vieille de la Conférence internationale sur les forêts pour la sécurité alimentaire et la nutrition organisée par l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à Rome.

« Une augmentation effrénée de la production agricole, alors que la population mondiale augmente, pourrait empiéter sur les sources alimentaires nutritives trouvées dans les forêts », a expliqué Terry Sunderland, chercheur au Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) et l’un des auteurs d’un nouveau rapport sur la sécurité alimentaire, la nutrition et le rôle des forêts.

« Il ne s’agit pas de production, il s’agit d’équité, de distribution, de pouvoir d’achat et de gâchis alimentaires », a t-il dit, en citant un rapport de Randy Stringer, professeur à l’Université d’Adélaïde, qui a eu un impact durable quand il a soutenu en 2000 que le monde doit produire de la nourriture adéquate pour tous.

Les données de l’ONU indiquent que la population mondiale augmentera de 7 milliards à plus de 9 milliards en 2050, tout en augmentant les taux déjà élevés de déforestation dans les régions tropicales et en exacerbant les menaces pour la santé.

En 2012, les agences alimentaires des Nations Unies ont estimé qu’au moins 870 millions de personnes souffraient de faim – un nombre revu à la baisse par rapport aux années précédentes – et que plus de 2 milliards souffraient de carences en micronutriments, ou de « faim cachée ». Au moins 1,4 milliard de personnes sont obèses, en surpoids, beaucoup souffrant de maladies liées non transmissibles telles que le diabète et les problèmes cardiaques.

LES ALIMENTS ISSUS DES FORÊTS

Les aliments issus des forêts, y compris des oiseaux sauvages, des rongeurs et des animaux plus grands, ainsi que des feuilles, tiges, fruits, champignons et noix, sont une source de micronutriments pour de nombreuses communautés rurales.

Des preuves émergentes en Afrique indiquent que les personnes vivant dans les zones à couvert arboricole important mangent plus de fruits et de légumes, selon les recherches du CIFOR. Les communautés dépendent également des forêts pour se nourrir en période de faible production des systèmes agricoles, a dit Mr Sunderland.

La consommation des aliments forestiers riches en fer tels que les légumes et la viande de brousse pourrait aider à combattre la carence en fer, affectant 2 milliards de personnes, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et qui peut nuire à la croissance et le développement cognitif, ce qui affecte négativement les performances scolaires et la productivité au travail.

Beaucoup de fruits et de légumes provenant des forêts et jachères sont riches en vitamine A et en calcium, aidant ainsi à lutter contre la carence en vitamine A, qui rend selon l’OMS environ 250.000 à 500.000 enfants chaque année aveugles, la moitié d’entre eux mourant dans les 12 mois suivant la perte de leur vue.

« Par l’utilisation de systèmes naturels, même les personnes vivant dans la pauvreté peuvent avoir de bons régimes alimentaires », a déclaré Mr Sunderland, en citant une étude récente menée par des chercheurs du CIFOR qui indique que les aliments sauvages provenant d’une ferme forestière en Tanzanie ont contribué pour 31 pour cent de la vitamine A, 26 pour cent du fer et 23 pour cent du calcium présents dans les régimes alimentaires locaux.

« Nous supposons toujours que les pauvres ont des régimes alimentaires terribles, mais la réalité est que vous n’avez pas besoin d’être riche pour avoir une bonne alimentation et un mode de vie sain. »

L’EMPIÉTEMENT AGRICOLE

Une augmentation de 100 à 110 pour cent de la demande mondiale en récoltes de 2005 à 2050 entraînerait la conversion d’environ 1 milliard d’hectares (2,5 milliards d’acres) de terres pour l’usage agricole, selon un rapport de 2011.

L’essentiel de cette expansion agricole est estimé de se faire au détriment des forêts et d’autres zones boisées, en partie à cause d’un point de vue dominant que l’augmentation de la production alimentaire doit être poursuivie indépendamment du coût pour l’environnement naturel. Cette approche omet des défauts dans le système d’approvisionnement alimentaire existant, notamment à l’égard de la consommation, du gaspillage, des pertes post-récolte et de la distribution inégale.

« Il n’y a pas de solution en noir et blanc », a déclaré Mr Sunderland.

« Nous avons un certain nombre d’outils qui peuvent contribuer à la sécurité alimentaire mondiale – l’intégration des forêts et des arbres dans l’agriculture est l’un d’entre eux. Les arbres et les forêts jouent un rôle important dans le soutient de l’agriculture. »

D’autres recherches aideront les scientifiques à mieux comprendre comment les forêts peuvent contribuer à un avenir de sécurité alimentaire et de sensibilité vis-à-vis de la nutrition. C’est un projet vital pour minimiser les compromis entre la conservation de la biodiversité et l’agriculture durable, a t-il ajouté.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l’agroforesterie.

 

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