Débat sur les paysages pour redynamiser les négociations climat de l’ONU à Varsovie – négociateur

Un Forum mondial dédié aux paysages, qui coïncidera avec les prochaines négociations internationales sur le changement climatique à Varsovie, va présenter les bénéfices d'une approche holistique de la gestion de l'utilisation des sols et pourrait donner à cette stratégie un rôle clé dans les efforts entrepris pour juguler le réchauffement climatique, selon un négociateur international sur le climat.
Partager
0

Les plus populaires

C’est l’occasion d’avoir une réelle influence sur le déroulement de ces négociations, qui sont toujours un vaisseau vide en ce qui concerne la foresterie, l’utilisation des terres et l’agriculture, selon Tony La Viña, négociateur pour les Philippines qui assistera au sommet de l’ONU sur le climat en Novembre. Photo:CIFOR/Kate Evans.

 

BOGOR, Indonésie (25 octobre 2013) — Un Forum mondial dédié aux paysages, qui coïncidera avec les prochaines négociations internationales sur le changement climatique à Varsovie, va présenter les bénéfices d’une approche holistique de la gestion de l’utilisation des sols et pourrait donner à cette stratégie un rôle clé dans les efforts entrepris pour juguler le réchauffement climatique, selon un négociateur international sur le climat.

On s’attend à ce que les négociateurs élargissent le champ des discussions, plutôt que de résoudre des détails controversés liés à la vérification des émissions de carbone dans le programme REDD+ (Réduction des émissions liées au déboisement et à la dégradation des forêts) de l’ONU, qui ont conduit à un blocage lors des négociations sur le changement climatique à Doha, au Qatar, l’an dernier.

 

Vous avez des questions sur l’approche paysagère et son intérêt pour les politiques sur le changement climatique ?

  • Rejoignez le chat en direct sur Twitter avec Tony La Viña le 31 octobre 2013 à 13h temps universel

  • Envoyez vos questions et suivez la conversation avec le hashtag #GLFCOP19

  •  Partagez vos idées et commentaires via notre dialogue interactif

 

«Il est très important d’avoir une Journée des Paysages pour mettre la question à l’agenda politique», dit Antonio La Viña, un expert forestier négociateur pour les Philippines.

Le sommet de Varsovie sur le climat est une étape importante vers la date butoir de 2015, fixée pour l’obtention d’un nouvel accord international sur le climat et la définition d’un programme pour les deux années suivantes. Cependant, alors que les observateurs du processus politique climatique prévoient d’accomplir un gros travail en se battant sur les points clés, ils ne devraient pas voir une seule grande décision prise à la sortie du sommet, officieusement baptisé COP19.

«C’est l’occasion d’avoir une réelle influence sur le déroulement de ces négociations, qui sont toujours un vaisseau vide en ce qui concerne la foresterie, l’utilisation des terres et l’agriculture. Pour l’instant il n’y a rien, donc la communauté a une chance de mettre dans l’accord ce qui devrait y être», dit La Viña.

Les négociateurs devraient poursuivre les discussions sur les réductions d’émissions déclarées par les pays, pour savoir si elles devraient être vérifiées par un organe international indépendant ou par les pays individuellement.

Un compromis, comprenant une analyse internationale conjointe des réductions d’émissions reportées est désormais sur la table. Il constitue un texte provisoire qui pourrait être décidé à Varsovie.

Certains négociateurs voudraient inclure le programme REDD+ centré sur les émissions de carbone dans une approche plus intégrée combinant différents secteurs utilisant la terre, comme l’agriculture et la foresterie.

«Si les forêts ne sont perçues que comme des véhicules du carbone, cela pourrait être bénéfique pour le changement climatique, mais en réalité c’est mauvais pour les communautés, les forêts et la biodiversité», dit La Viña.

Plusieurs sessions du Forum mondial sur les paysages à Varsovie seront consacrées à la REDD+, ses impacts sur le paysage et comment le climat financier et les mécanismes gouvernementaux peuvent évoluer pour inclure l’agriculture et d’autres secteurs.

LIER LES SECTEURS POUR DIMINUER L’IMPACT

Si une approche unifiée des paysages parvient à s’imposer dans l’agenda de la COP19, cela incitera les législateurs à s’attaquer aux questions climatiques qui deviennent de plus en plus pressantes avec la croissance de la population mondiale – qui passera de 7 milliards à plus de 9,6 milliards en 2050 selon les projections de l’ONU – qui fait grimper les taux de déforestation déjà élevés dans les régions tropicales et exacerbe les menaces sur la santé.

En 2012, les agences pour l’alimentation de l’ONU ont estimé qu’au moins 870 millions personnes ont faim et que plus de 2 milliards souffrent d’une déficience en micronutriments, ou de «faim cachée». Les liens entre les secteurs agricole et forestier ont un impact important sur leurs performances et l’empreinte écologique.

La déforestation, par exemple, n’est pas juste une question forestière – les arbres sont souvent mis à terre à dans le monde à cause d’un appétit grandissant pour la nourriture et l’énergie.

D’un autre côté, la production agricole dépend de services fournis par un écosystème sain: les forêts apportent environ 75% de l’eau utilisable mondiale. Les activités d’utilisation des sols représentent un-tiers des émissions de gaz à effet de serre.

L’agriculture, qui contribue à 10% ou 15% des émissions de gaz à effet de serre, a un potentiel de mitigation, affirme Anette Engelund Friis, responsable des questions climatiques au World Farmers Organization.

Mais l’agriculture ne fait pas encore l’objet de discussions dans les négociations de haut rang sur le climat.

«L’agriculture est, et a toujours été une affaire politique», ajoute Engelund Friis. «C’est pourquoi il est important qu’un atelier consacré à l’agriculture soit organisé à Varsovie, où les négociateurs pourront discuter des complexités de l’agriculture, en espérant que cela puisse mener à une décision de la COP sur un programme scientifique et technique (SBSTA) pour l’agriculture.»

On espère qu’un nouveau programme de travail SBSTA (Subsidiary Body on Scientific and Technological Advice) documentera et partagera les connaissances sur des pratiques agricoles améliorées, afin d’informer les décideurs sur l’agriculture et le changement climatique au fur et à mesure que les stratégies nationales se préparent pour aborder la question du changement climatique.

Il est temps de mettre l’agriculture au centre des discussions climatiques de l’ONU, dit Friis, ajoutant que le monde devait adopter une approche cohérente de l’agriculture.

«Il est clair que l’agriculture joue un grand rôle dans l’adaptation au changement climatique, alors que la sécurité alimentaire est une clé de la résilience», dit-elle.

Plus de 200 négociateurs sur le climat se sont inscrits, et plus de 350 sont attendus au Forum mondial sur les paysages, qui rassemblera les parties prenantes de la foresterie, l’agriculture et autres secteurs utilisant la terre afin d’échanger des idées, précisent les organisateurs. Marcin Korolec, président de la COP19 et ministre de l’environnement polonais, prononcera un discours programme et ouvrira la séance plénière.

PROPOSITIONS POUR PARIS

Il existe de fortes attentes pour que la recherche sur les paysages et d’autres lobbys liés au climat influencent un accord lors des négociations de Paris en 2015, sur la base du travail préparatoire mené à Varsovie, suivi les discussions des négociations de l’ONU pour le climat en 2014 au Pérou.

Pour plus d’information, veuillez contacter Terry Sunderland sur t.sunderland@cgiar.org.

(Visited 32 times, 1 visits today)