Des communautés s’adaptent à la perte de services écosystémiques forestiers – Banque mondiale

Après avoir planté des arbres Faidherbia – peu chers et nécessitant peu d'entretien – en alternance avec du maïs, les rendements ont augmenté en Zambie.
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Di Zambia, setelah pohon Faidherbia—dengan bibit murah dan mudah pemeliharaan—ditumpangsarikan dengan jagung, panen melonjak. Kredit Foto: World Agroforestry Centre.

Après avoir planté des arbres Faidherbia – peu chers et nécessitant peu d’entretien – associés au maïs, les rendements ont augmenté en Zambie. Photo: Centre mondial de l’agroforesterie.

SAN JOSÉ, Costa Rica (17 juillet 2013) _ Pendant des années, c’était une évidence admise parmi les chercheurs et les experts du développement: la perte des services écosystémiques, en particulier ceux fournis par les forêts, aura un impact profond sur les pauvres, car la déforestation et la dégradation des forêts diminuent le bien-être humain.

Le problème? Premièrement, un indice suggère qu’il se passe autre chose: tandis que le couvert forestier continue à se dégrader et à disparaître, l’Indice de développement humain du Programme de développement de l’ONU est en hausse constante dans le monde entier. Deuxièmement, le couvert arboré est effectivement en train d’augmenter dans les paysages ruraux et agricoles, même si le couvert forestier global décline. Comment expliquer cette contradiction apparente et pourquoi est-ce ainsi?

Selon Peter Dewees, conseiller forestier de la Banque mondiale, l’augmentation de la couverture forestière agricole représente une adaptation «à grande échelle» qui a des implications majeures pour l’élaboration de politiques. Il incite les chercheurs à combler les principales lacunes de données et à repenser les vieux paradigmes de recherche sur les forêts, les arbres et l’utilisation des terres. L’augmentation du couvert arboré en milieu rural et agricole «a lieu partout», a déclaré M. Dewees dans un discours le mois dernier lors du troisième Congrès latino-américain de l’IUFRO. De l’Afrique à l’Amérique latine en passant par l’Asie du Sud, les arbres sont utilisés pour stimuler le cycle des nutriments, augmenter la consommation de fruits, soutenir le revenu des ménages, renforcer la résilience aux chocs environnementaux et économiques, voire pour démarquer les limites des champs, dit-il.

M. Dewees a donné de nombreux exemples. Dans de nombreux villages du Niger, les inventaires d’arbres ont enregistré des hausses durant les 25 dernières années, s’accompagnant d’une augmentation considérable des rendements de millet et de sorgho. Les restaurations de paysages en Chine au cours de la même période ont fait que des milliers de kilomètres carrés de terres dénudées ont été replantés avec des arbres.

En Zambie, des chercheurs ont testé sur le terrain la plantation des arbres Faidherbia, une espèce proche de l’acacia, à proximité des champs de maïs. Après avoir planté ces arbres – peu chers et à faible entretien – associés à du maïs, les rendements ont augmenté.

«Ce que nous observons», dit M. Dewees, «c’est une adaptation à la perte des services écosystémiques sur une grande échelle qui a de profondes répercussions sur la pauvreté.»

 

Une expansion à plus grande échelle de ces types d’adaptations pourrait se traduire par des millions de tonnes de produits et de revenus supplémentaires, en plus de la séquestration du carbone (la capture et le stockage du dioxyde de carbone de l’atmosphère). L’expansion des systèmes de couvert arboré, tels que celui des Faidherbia, sur une superficie additionnelle de 5 millions d’hectares, pourrait, selon M. Dewees, capturer 30 à 50 millions de tonnes de carbone par an supplémentaires.

Le Programme sur les forêts (PROFOR) de la Banque mondiale, en partenariat avec le Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR), entreprend actuellement des recherches pour améliorer la compréhension du rôle des forêts dans l’amélioration de la résilience au changement climatique des autres secteurs, notamment de l’agriculture.

L’expansion à plus grande échelle nécessitera des changements de politiques; et ceux-ci nécessiteront non seulement des données plus nombreuses et meilleures

– M. Dewees a cité de nombreux défis et lacunes concernant les ensembles de données utilisés à cette fin
– mais également de nouvelles façons de penser l’utilisation des terres.

Trop souvent, dit-il, les paradigmes de recherche ont porté uniquement sur les forêts, plutôt que sur les paysages dans lesquels les forêts, les terres boisées et les arbres résident. De nouvelles façons de percevoir l’utilisation des terres permettront de «mieux reconnaître la complexité des systèmes d’utilisation des terres et les services écosystémiques qui les soutiennent», dit-il.

Pour plus d’informations sur les enjeux abordés dans cet article, veuillez contacter Miguel Pinedo-Vasquez sur m.pinedo-vasquez@cgiar.org.

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