Avec l’approche paysagère, la science rejoint les petits propriétaires

Une approche interdisciplinaire paysagère qui tienne compte de la complexité des contextes biophysiques, sociaux et politiques serait bénéfique à l'aide aux agriculteurs des tropiques face au défi du changement climatique, selon une scientifique renommée.
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«Pour travailler efficacement au cœur d’une approche paysagère, nous avons besoin d’un autre type de science, qui relie les différents secteurs», selon Christine Padoch, directrice du programme Forêts et moyens de subsistance au Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR). Photo: CIRAD/CIFOR Manuel Boissière

VARSOVIE, Pologne (19 novembre 2013) — Une approche interdisciplinaire paysagère qui tienne compte de la complexité des contextes biophysiques, sociaux et politiques serait bénéfique à l’aide aux agriculteurs des tropiques en lutte avec le changement climatique, selon une scientifique renommée.

«Beaucoup de petits propriétaires à travers le monde utilisent déjà une approche par les paysages pour gérer les ressources, et la bonne nouvelle pour eux c’est que nous l’avons maintenant, enfin, nous aussi adoptée», dit Christine Padoch, directrice du programme Forêts et moyens de subsistance au Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR).

«C’est un progrès parce que la foresterie, l’agriculture, la conservation et le développement des communautés n’utilisaient pas cette approche avant. Cela se reflète dans bon nombre des problèmes qu’ont les petits propriétaires quand ils essaient d’améliorer leurs moyens de subsistance», dit-elle lors du Forum mondial sur les paysages, en marge des négociations climatiques de l’ONU à Varsovie, en Pologne.

La session était consacrée à l’impact du changement climatique sur les petits propriétaires agricoles. La plupart des gouvernements criminalisent les cultures itinérantes, une approche paysagère largement pratiquée sous les tropiques, dit Padoch.

Les paysages créés et gérés par des cultivateurs itinérants sont très dynamiques. En effet, les forêts et l’agriculture changent de lieu de manière rotative, cyclique, explique Padoch.

«Nous devons comprendre ces systèmes complexes pour essayer de les améliorer, plutôt que de simplement les condamner et les remplacer. Par exemple, nous connaissons encore peu de choses sur la quantité de carbone qu’ils séquestrent», ajoute-t-elle.

Lier les forêts à la nutrition et la santé peu aussi être un composant important de l’approche paysagère. Le CIFOR mène des recherches sur la manière dont la forêt est liée à la diversité alimentaire dans quelques 20 pays d’Afrique, avec une attention spéciale pour l’alimentation des enfants.

«Pour travailler efficacement au cœur d’une approche paysagère, nous avons besoin d’un autre type de science, qui relie les différents secteurs», dit Padoch.

Le panel, incluant Elwyn Grainger Jones du Fond international pour le développement agricole; Delia Catacutan du Centre mondial d’agroforesterie; Bernard Giraud du Fonds de moyens de subsistances; Peter Dewees, conseiller forestier auprès de la Banque mondiale; et Alain Billand du CIRAD, a analysé les défis liés à l’utilisation, avec de petits propriétaires, de l’approche paysagère et de la mise en place de changements pour contrer le changement climatique.

Pour plus d’information sur les questions discutées dans cet article, veuillez contacter Christine Padoch sur c.padoch@cgiar.org.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l’agroforesterie.

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