Le défi de certifier les services écosystémiques rendus par les forêts

Alors que les défis de la certification des services écosystémiques rendus par les forêts persistent, les délégués à la conférence de l'ONU sur le climat à Varsovie attendent de nouveaux éléments d'une réunion des organismes de certification.
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Bien que la certification de produits tangibles, tels que le bois durable et le café issu du commerce équitable, soit prouvée et testée, la certification des services écosystémiques, moins tangibles, est relativement nouvelles. Photo: CIFOR/Kate Evans

VARSOVIE, Pologne (14 novembre 2013) – Alors que les défis de la certification des services écosystémiques rendus par les forêts persistent, les délégués à la conférence de l’ONU sur le climat à Varsovie attendent de nouveaux éléments d’une réunion des organismes de certification ce week-end.

En s’appuyant sur une alliance d’un an, La Fondation Gold Standard et le Forest Stewardship Council (FSC) unissent leurs forces avec Fairtrade International pour d’explorer les défis de la certification des services écosystémiques rendus par les forêts lors du Forum mondial sur les paysages, les 16 et 17 novembre.

Ces organisations participeront à «La certification de services écosystémiques dans la foresterie et l’agriculture : Assurer une véritable MRV et une intégrité sociale et environnementale à l’échelle paysagère», l’une des 17 sessions techniques et de mise en réseau proposées lors du Forum.

FSC et Gold Standard ont été mis en place par le Fonds mondial pour la nature (WWF). Depuis 1993, le FSC promeut une gestion forestière qu’il considère écologiquement appropriée, socialement bénéfique et économiquement viable. Gold Standard, créé en 2003, s’est spécialisé dans la certification de l’énergie renouvelable et de projets d’efficacité énergétique, afin d’assurer qu’ils accomplissent des réductions de gaz à effet de serre (GES) et qu’ils soutiennent les bénéfices du développement durable au niveau local pouvant être mesurés, rapportés et vérifiés (MRV).

En 2012, FSC et Gold Standard ont scellé un partenariat, reconnaissant conjointement leurs approches respectives aux garanties socio-environnementales et l’approche de Gold Standard à la certification du carbone. Leur modèle pour une future collaboration prévoit que Gold Standard se fonde sur les Principes et Critères globaux du FSC pour une gestion responsable des forêts. En échange, le FSC s’appuiera sur l’approche du Gold Standard pour la comptabilisation du carbone et le partage des bénéfices, lorsque les opérations forestières certifiées par le FSC cherchent un financement pour le carbone.

«Quand nous avons entendu que Gold Standard s’orientait vers la certification des utilisations de terres, nous avons pensé que deux organisations ayant exactement les mêmes intérêts environnementaux et sociaux pourraient proposer un ensemble pour le marché», déclare Grégory Jean, un gestionnaire des politiques au FSC qui co-facilite la session à Varsovie.

Energie contre utilisation des terres

La certification utilise la MRV pour assurer qu’un résultat promis – tel que la réduction d’une tonne d’émissions – a effectivement lieu. Bien que la certification de produits tangibles, tels que le bois durable et le café issu du commerce équitable, soit prouvée et testée, la certification de services écosystémiques moins tangibles est relativement nouvelle.

Au départ, le Gold Standard et le FSC se concentreront sur des projets de boisement et de reboisement. En collaboration avec les parties prenantes, les deux partenaires vont poursuivre l’alignement de leurs systèmes afin qu’ils couvrent des projets de gestion forestière améliorée, ainsi que de services écosystémiques forestiers supplémentaires, tels que l’eau ou la biodiversité, potentiellement à travers de projets REDD+.

«Il existe une grande différence entre certifier des projets énergétiques et certifier des projets d’utilisations des terres», déclare le co-facilitateur Pieter van Midwoud, directeur de Gold Standard concernant le développement commercial, l’utilisation des terres et les forêts. Un projet d’énergie renouvelable, tel qu’une cuisinière plus efficace aboutissant à une utilisation réduite de bois, a un impact indirect sur le paysage, dit-il. Inversement, une initiative concernant l’utilisation des terres s’applique directement au sol, ce qui nécessite plus d’attention quant aux impacts – positifs et négatifs – sur la biodiversité et les écosystèmes.

«Grâce aux images satellites nous pouvons obtenir une image très détaillée de ce qui se passe», dit-il. «C’est complexe et difficile, mais des personnes travaillent chaque jour sur des techniques nouvelles et meilleures.»

Un travail en progrès

Le FSC élabore actuellement des indicateurs pour satisfaire des exigences spécifiques aux services écosystémiques. Parallèlement, le FSC et le Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) travaillent ensemble sur la mesure les effets de la certification dans le temps, en tenant particulièrement compte des impacts sur la biodiversité, sur le carbone et les impacts sociaux. Ils envisagent de tester la façon de mesurer l’effet de la gestion de services écosystémiques spécifiques sur 10 sites pilotes dans quatre pays.

Le CIFOR et le FSC travaillent également sur une analyse du marché mondial, explique Alison von Ketteler, qui gère le programme de Certification forestière pour les services écosystémiques (ForCES) du FSC. Dans le cadre de ce processus, ils déterminent si les titulaires de certificats actuels seraient prêts à modifier leur certification pour inclure les services écosystémiques rendus par les forêts. Ils ont également sollicité des organismes de certification et des «supporters» – des ONG et des agences de développement travaillant sur la certification – afin d’évaluer leurs capacités à offrir des formations et des certifications liées aux services écosystémiques des forêts.

«Nous savons qu’il existe plusieurs marchés potentiels, publics ou privés», dit-elle. «Nous travaillons pour définir lesquels des marchés sont les meilleurs paris. Nous ne devons pas avoir trop peur des défis complexes», déclare M. van Midwoud. «Il existe beaucoup de frustration avec toutes ces normes de certification qui sont plus ou moins les mêmes, mais sans être exactement les mêmes. Lors de notre événement à Varsovie, nous souhaitons montrer comment nous réunissons les deux approches du Gold Standard et du FSC sur grande échelle au niveau des paysages.»

Pour en savoir plus sur le Forum mondial sur les paysages, cliquez ici 

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