«L’approche paysagère» s’accorde avec la REDD+, selon un scientifique

Une proposition visant à atténuer la déforestation pourrait largement bénéficier d'une approche intersectorielle et holistique de la gestion des terres, selon un expert de haut niveau en matière de carbone forestier.
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«Pour la REDD+, nous devons penser et étudier à plus grande échelle que pour les forêts», déclare Martin Herold, chercheur associé au Centre de Recherche Forestière Internationale. Photo: CIFOR/Julie Mollins

VARSOVIE, Pologne – Une proposition visant à atténuer la déforestation pourrait largement bénéficier d’une approche intersectorielle et holistique de la gestion des terres, selon un expert de haut niveau en matière de carbone forestier.

Une réflexion plus vaste sur une «approche paysagère» est utile pour les évaluations de la planification et d’utilisation des terres, qui peuvent intégrer des options multiples pour l’utilisation des terres et générer des scénarios utiles. Ces derniers sont cruciaux pour élaborer des stratégies pour le maintien du carbone forestier et de la santé des forêts, déclare Martin Herold, un chercheur associé au Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) et professeur à l’Université de Wageningen aux Pays-Bas.

L’approche paysagère vise à assurer que toutes les utilisations des terres dans une zone donnée – et tous les usagers humains de cette terre – soient traités par des politiques intégrées et durables.

Cette approche peut bénéficier à la planification de la REDD+, qui est complexe car elle implique des perspectives de secteurs et d’acteurs divers qui ne concernent pas seulement les forêts, mais aussi des concepts plus vastes aux composantes profondes.

«Pour la REDD+, nous devons penser et étudier à plus grande échelle que pour les forêts», déclare M. Herold en marge des négociations sur le climat des Nations Unies à Varsovie, en Pologne. «Le paysage est un concept assez nouveau pour l’auditoire plus vaste de la REDD+. Néanmoins, parce que la REDD+ est complexe, une approche paysagère est probablement la bonne échelle pour structurer cette complexité.»

La REDD+ est en cours d’élaboration en vertu de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Elle vise à créer une valeur financière maintenir le carbone stocké dans les forêts et à augmenter les incitations pour une gestion durable des terres forestières, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Lors de la Conférence des Parties de la CCNUCC en Pologne, les négociateurs se sont mis d’accord sur le Cadre de Varsovie pour la REDD+, pour aider les pays en voie de développement à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts, qui représentent un cinquième de toutes les émissions engendrées par l’homme. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège se sont engagés à fournir 280 millions de dollars de financement pour les paysages forestiers durables.

Les fonds seront gérés par le Fonds Biocarbone, un programme de la Banque mondiale qui gère des fonds publics et privés pour encourager les activités de séquestration ou de conservation d’émissions de carbone dans des systèmes forestiers et agricoles.

«Ceci aide les personnes à penser à des solutions pour la REDD+ et à les évaluer à l’échelle des paysages», dit M. Herold.

«Nous pouvons évaluer les progrès de la REDD+ en nous bansant sur la quantification de la réduction des émissions ou de la séquestration du carbone dans la forêt. Toutefois, nous devons également tenir compte des bénéfices connexes – à savoir si ceci a modifié les moyens de subsistance ou les revenus, s’il existe des effets secondaires négatifs ou positifs sur les services écosystémiques ou la quantité de nourriture et de bois récolté. Ces questions peuvent seulement être abordées sérieusement sous le prisme des paysages.»

Pour plus d’informations sur les sujets abordés dans cet article (publié dans sa version originale le 2 décembre), veuillez contacter Martin Herold sur martin.herold@wur.nl

Ce travail s’inscrit dans le cadre du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l’agroforesterie. 

Vidéo de Kate Evans : Martin Herold discute de la REDD+ et de l’approche paysagère (en anglais): 

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