Le flux d’informations est vital pour l’adaptation fondée sur les écosystèmes – experts

Identifier les organisations susceptibles de combler les lacunes de connaissances est une étape importante quand on recherche des moyens efficaces pour concevoir des stratégies d'adaptation locale au changement climatique, selon un expert en adaptation fondée sur les écosystèmes.
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En la sub-cuenta Birris en Costa Rica, la combinación de lluvias extremas, horticultura intensiva y pastoreo de ganado lechero en pendientes pronunciadas ha ocasionado una erosión severa, creando problemas para los agricultores y el sector de generación hidroeléctrica. Fotografía cortesía de: don r faulkner

Au Costa Rica, dans le sous-bassin versant du Birris, une combinaison de précipitations extrêmes, d’horticulture intensive et de pâturage par des vaches laitières sur les pentes raides a provoqué une forte érosion, ce qui pose problème aux agriculteurs et au secteur de l’hydroélectricité. Photo: don r faulkner

 

SAN JOSÉ, Costa Rica (8 juillet 2013) – Identifier les organisations susceptibles de combler les lacunes de connaissances est une étape importante quand on recherche des moyens efficaces pour concevoir des stratégies d’adaptation locale au changement climatique, selon un expert en adaptation fondée sur les écosystèmes.

De tels organismes peuvent aider à créer des partenariats collaboratifs entre les agriculteurs, les scientifiques et les décideurs politiques, selon Raffaele Vignola, directeur de la Chaire latino-américaine des décisions environnementales pour un changement global au Centro Agronómico Tropical de Investigación y Enseñanza (CATIE) au Costa Rica.

«Nous devons reconnaître que l’adaptation se déroule dans des contextes de gouvernance complexe et institutionnelle», dit M. Vignola, qui a mené des recherches dans le sous-bassin versant du Birris dans le centre du Costa Rica. Une combinaison de précipitations extrêmes, d’horticulture intensive et de pâturage par des vaches laitières sur les pentes raides y a provoqué une érosion importante, ce qui pose problème aux agriculteurs et au secteur de l’hydroélectricité.

La région en amont du bassin versant est soumise à une production agricole intensive. Au cours des 40 dernières années, l’augmentation observée et projetée des événements de précipitations extrêmes liés au changement climatique risque d’accroître la vulnérabilité de ces zones face à l’érosion du sol. En même temps, les barrages hydroélectriques en aval sont affectés par l’érosion en amont – ce qui entraîne des coûts annuels de plus de 2 millions de dollars pour purger les sédiments et draguer les barrages.

Birris fait partie du bassin versant de Reventazón, la principale zone de production d’énergie hydroélectrique du Costa Rica, où les barrages fournissent plus de 37% de l’approvisionnement en électricité du pays.

Les interactions entre les acteurs qui ont des intérêts, des mandats, des langues et une compréhension des problèmes et des solutions différents, influencent la manière dont l’action collective peut promouvoir la conservation dans des bassins versants aussi vulnérables que celui de Birris, dit M. Vignola.

Ainsi, les organismes qui visent à synthétiser les informations pour ces acteurs, peuvent jouer un rôle important en traduisant des messages d’un domaine pour un autre – par exemple des scientifiques aux agriculteurs et vice versa – et elles peuvent potentiellement améliorer la base des informations qui guide la prise de décision. Elles peuvent également promouvoir des opinions partagées, tout en générant des efforts de collaboration et de compréhension parmi les multiples acteurs, déclare M. Vignola lors du troisième Congrès latino-américain de l’IUFRO à San José en juin.

Ces flux d’informations peuvent soutenir l’adaptation fondée sur les écosystèmes (ABE), que M. Vignola décrit comme «une approche polyvalente qui a de multiples bénéfices» pour construire la résilience des communautés et des écosystèmes locaux et pour réduire les risques associés au changement climatique.

L’ABE est basée sur la reconnaissance du fait que les services écosystémiques, tels que la fourniture de nourriture et la réduction des inondations ou des glissements de terrain, protègent les personnes contre les menaces climatiques. Elle reconnaît également que les personnes qui dépendent directement de ces services seront les plus durement touchées.

«Afin de tirer le meilleur parti de l’ABE, nous devons intégrer des informations issues de plusieurs disciplines dans les stratégies locales», explique M. Vignola.

La recherche de M. Vignola confirme des conclusions antérieures (voir par exemple ici, ici, ici et ici) sur la façon dont les organismes intermédiaires peuvent aider les communautés locales à s’adapter aux changements de leur environnement.

«Les organismes intermédiaires peuvent notamment aider en communicant des résultats pertinents de recherches et en traduisant des messages dans la langue appropriée pour chaque communauté politique et la médiation entre les intérêts», dit-il.

Pour plus d’informations sur les enjeux abordés dans cet article, veuillez contacter Bruno Locatelli sur b.locatelli@cgiar.org ou Raffaele Vignola sur rvignola@catie.ac.cr.

Cette recherche a été réalisée dans le cadre du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l’agroforesterie et le Programme de recherche sur les forêts tropicales et l’adaptation au changement climatique (TroFCCA), qui sont menés par CATIE et CIFOR et financés par la Commission européenne.

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