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Les foyers de biodiversité apportent des co-bénéfices à d’autres services écosystémiques

Dans certaines région du Costa Rica, beaucoup de personnes bénéficient de ces foyers à services multiples.
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Un estudio muestra que las áreas que contienen altas concentraciones de carbono y biodiversidad no siempre son las mismas, afirma Bruno Locatelli, científico del Centro para la Investigación Forestal Internacional y del Centro de Cooperación Internacional en Investigación Agronómica para el Desarrollo. Fotografía cortesía de: DrWho

Une étude démontre que les zones détenant un stock important de carbone et celles ayant une biodiversité élevée ne coïncident pas toujours, selon Bruno Locatelli, chercheur au CIFOR et au Cirad. Photo: DrWho

TURRIALBA, Costa Rica – Les zones identifiées comme des «foyers» de biodiversité peuvent apporter une valeur plus élevée pour d’autres services écosystémiques importants, tels que le stockage de carbone, la conservation de l’eau et la beauté paysagère, selon une nouvelle étude au Costa Rica. Cependant, dans les régions détenant des stocks importants de carbone, les bénéfices découlant des autres services sont légèrement inférieurs.

Ceci signifie que les responsables de l’aménagement du territoire peuvent tirer un maximum de bénéfices, provenant de services environnementaux divers, s’ils soutiennent la protection des zones riches en biodiversité, déclare Bruno Locatelli, auteur principal d’un article publié dans la revue Environmental Conservation.

« Les foyers de biodiversité sont susceptibles d’être des foyers de services écosystémiques multiples, mais ceci n’est pas nécessairement vrai pour les foyers d’autres service s», dit M. Locatelli, chercheur au Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) et au Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad).

Si l’accent est mis sur la protection des zones de haute biodiversité au Costa Rica, ceci aura des bénéfices connexes pour les trois autres services écosystémiques

Bruno Locatelli

L’étude a examiné les synergies et les arbitrages entre les différents services rendus par les écosystèmes, en particulier dans les parcs nationaux. Elle a démontré que les zones détenant un stock important de carbone et celles ayant une biodiversité élevée ne coïncident pas toujours.

« Nous avons constaté que si l’accent est mis sur la protection des zones de haute biodiversité au Costa Rica, ceci aura des bénéfices connexes pour les trois autres services écosystémiques », déclare M. Locatelli. « Cependant, si l’accent est mis sur la protection de zones pour leurs stocks de carbone, les co-bénéfices sont moins importants. »

Ceci a des implications importantes pour les programmes de REDD+ (Réduction des Émissions issues de la Déforestation et de la Dégradation des forêts), un mécanisme soutenu par l’ONU qui fournirait des incitations pour conserver les forêts et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

« Si les programmes de REDD+ sont conçus uniquement dans le but de maximiser le stockage du carbone, ils risquent de ne pas protéger les forêts, qui fournissent les plus grands bénéfices pour la société en termes de biodiversité ou de services écosystémiques locaux de plus haute importance avise M. Locatelli. « Ces initiatives pourraient avoir des co-bénéfices plus importants pour les populations locales et les pays, si les zones prioritaires seraient choisies en fonction de la valeur des services écosystémiques multiples. »

Le Costa Rica a été un pionnier concernant les Paiements pour Services Écosystémiques (PSE), par lesquels les propriétaires fonciers reçoivent une compensation pour gérer durablement les forêts ou d’autres terres.

Dans certains cas, les forêts fournissent des services dont profitent les résidents locaux, tels que la beauté paysagère ou la régulation de l’approvisionnement en eau en aval. D’autres services, tels que la biodiversité ou le stockage de carbone pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, bénéficient l’ensemble du pays, voire le monde entier, selon les chercheurs.

L’étude a révélé que les services fournis par les écosystèmes varient en fonction de facteurs tels que la topographie, le climat et la biogéographie.

Par exemple, les forêts protègent davantage les sols de l’érosion dans les pentes montagneuses que dans les plaines, tandis que les forêts des plaines ont tendance à être un habitat pour un plus grand nombre d’espèces.

Les forêts de nuages dans les montagnes centrales du Costa Rica sont particulièrement riches en services écosystémiques. Parallèlement, comme elles ont tendance à abriter de nombreuses espèces endémiques, elles stockent de grandes quantités de carbone dans le sol et retiennent l’eau des nuages.

Fonder l'analyse sur la valeur des services écosystémiques, au lieu des foyers, aiderait les planificateurs à prendre de meilleures décisions concernant la conservation de services multiples

Bruno Locatelli

Les chercheurs ont constaté que 80% des foyers de carbone et de biodiversité étaient concentrés dans six bassins hydrographiques du pays. Deux bassins versants – Reventazón-Parismina et Chirripo-Tortuguera – étaient des foyers pour l’ensemble des quatre services écosystémiques étudiés.

« Nous avons découvert des foyers de services multiples, en particulier autour des zones densément peuplées dans la vallée centrale du Costa Rica, dont bénéficient beaucoup de personnes », déclare M. Locatelli.

Les aires protégées dans cette région régulent l’approvisionnement en eau pour des milliers de personnes vivant en aval, tout en offrant la beauté du paysage aux citadins, dit-il.

« Les forêts de montagne détiennent également beaucoup de carbone, en particulier dans les sols, tandis que les forêts sèches en détiennent moins », explique-t-il.

M. Locatelli et ses collègues ont non seulement cartographié les bassins versants fournissant les quatre services écosystémiques, mais aussi les personnes qui en bénéficient. Concernant les systèmes de PSE, la valeur des services est basée sur une combinaison de l’approvisionnement naturel des services et de la demande humaine.

« Cartographier simplement les foyers de services écosystémiques pourrait mener les décideurs politiques à conclure que certains endroits méritent d’être conservés, tandis que d’autres ne le méritent pas », explique M. Locatelli.

« Fonder l’analyse sur la valeur des services écosystémiques, au lieu des foyers, aiderait les planificateurs à prendre de meilleures décisions concernant la conservation de services multiples. »

Pour plus d’informations sur les sujets abordés dans cet article, veuillez contacter b.locatelli@cgiar.org

Ce travail fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les forêts, les arbres et l’agroforesterie et est soutenu par AusAid (partenariat de recherche CIFOR-REDD+) et le Programme agroenvironnemental méso-américain de CATIE (MAP).

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