HÉROÏNE DE LA FORÊT: Grizelda «Gerthie» Mayo-Anda applique la loi pour défendre les forêts

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L’esprit et l’engagement énergiques de Gerthie (à gauche) ont motivé de nombreuses communautés à protéger les forêts à la fois sur les hautes terres et les côtes, en mettant en place une surveillance citoyenne, des gardiens forestiers et des réseaux de plaidoyer multisectoriel, déclare Crissy Guerrero, directeur général du Programme d’Echange de Produits Forestiers Non Ligneux pour l’Asie du Sud et du Sud-Est.

Note de la rédaction: La Journée Internationale de la Femme est célébrée le samedi 8 mars. En honneur des nombreuses contributions des femmes à la foresterie, Nouvelles des Forêts publie des histoires de lecteurs sur leurs «héroïnes de la forêt» – des femmes ayant consacré leur vie à faire la différence pour les forêts du monde et les personnes qui y vivent. Durant toute la semaine, nous allons partager ces histoires de femmes. Dans celle-ci, notre blogueur invité Crissy Guerrero raconte son héroïne de la forêt, Grizelda «Gerthie» Mayo-Anda.

Après que son père – un procureur respecté – ait été abattu sur les marches du Palais de justice à Puerto Princesa, la capitale de la province de Palawan au nord des Philippines, Gerthie s’est engagée à apporter la justice aux gens.

Après avoir obtenu un diplôme en droit, elle s’est tournée vers la justice environnementale et sociale à Palawan, un archipel densément boisé qui fut déclaré Réserve de biosphère par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) en 1990.

Elle a travaillé pour protéger les droits des peuples autochtones en créant sa propre unité de défense appelée Environmental Legal Assistance Center (ELAC) (Centre d’assistance juridique pour l’environnement), dont elle est maintenant directeur exécutif. 

L’esprit et l’engagement énergiques de Gerthie ont motivé de nombreuses communautés à protéger les forêts à la fois sur les hautes terres et les côtes, en mettant en place une surveillance citoyenne, des gardiens forestiers et des réseaux de plaidoyer multisectoriel.

Ils ont arrêté l’exploitation minière sur près de 200 000 hectares de forêt à Palawan; assuré le passage de décrets villageois et municipaux sur les bassins versants; et appuyé la création de sanctuaires de mangroves.

Lorsqu’un projet de centrale de charbon fut présenté à une municipalité du sud qui abrite des oiseaux précieux et des populations locales, Mme Mayo-Anda et ses collègues ont fait en sorte de le bloquer. Le projet a été déplacé vers une autre municipalité, où les efforts d’opposition continuent.

Le maire de Puerto Princesa, ainsi que le magazine international de voyage Conde Nast Traveller l’ont récompensé des prix de l’environnement en 1998 et 2000 respectivement. Peu de temps après, «Bandillo ng Palawan», le journal de l’environnement de Palawan, lui a décerné le prix Palawena de l’Année pour ses efforts visant à protéger les ressources naturelles de Palawan.

Il n’existe probablement pas une seule ville à Palawan qui n’ait pas été touchée par le travail acharné de Gerthie. Elle a fait preuve de beaucoup de courage et de détermination face aux pressions et aux difficultés pour gagner des batailles juridiques et promouvoir la protection de l’environnement et des communautés.

En tant que fondatrice de l’ELAC, Mme Mayo-Anda personnifie la devise de l’organisation «aider les communautés à défendre la terre». Son optimisme est contagieux et son style convaincant durant les négociations sont hors pair.

Dans son objectif de protéger la dernière frontière des Philippines d’une destruction injustifiée, elle a rejoint des initiatives multipartites, des conseils et a participé à des programmes de radio. En outre, Mme Mayo-Anda a également pris en main la cause des femmes et les enjeux liés au genre.

Bien que l’extraction des ressources naturelles à grande échelle et le développement agro-industriel soient en train de changer le paysage de la province, le rythme du changement aurait pu être plus fort, plus rapide et plus laid sans elle.

En tant qu’avocate de l’environnement, Mme Mayo-Anda a été cohérente dans son plaidoyer et courageuse dans sa quête pour protéger l’environnement et autonomiser les communautés marginalisées.

Crissy Guerrero est le directeur général du Programme d’Echange de Produits Forestiers Non Ligneux (PE-PFNL) pour l’Asie du Sud et du Sud-Est. Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur et non celles du Centre de Recherche Forestière Internationale.

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