Le Brunei s’engage à plafonner l’utilisation de terres agricoles à 1%

Le Brunei Darussalam va limiter son utilisation de terres agricoles à un pourcent, a promis un ministre du gouvernement cette semaine, en disant que le petit pays sur l'île de Bornéo a « une forte volonté politique » à conserver ses forêts.
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Note de la rédaction: Sur le site forestasia.org vous pouvez voir les dernières nouvelles du Sommet de l’Asie sur les Forêts. Les vidéos de toutes les présentations et discours du Sommet seront publiées ici.

JAKARTA, Indonésie – Le Brunei Darussalam va limiter son utilisation de terres agricoles à 1%, a promis un ministre du gouvernement cette semaine, en disant que le petit pays de l’île de Bornéo fait preuve d’«une forte volonté politique» pour conserver ses forêts.

Le Brunei mesure environ la taille de Bangkok. Les trois quarts de sa superficie sont couverts de forêts dont la plupart se trouvent dans le Cœur de Bornéo. Ce paysage de 22 millions d’hectares avec de vastes étendues forestières à une haute valeur de conservation.

Le Brunei s’est engagé à «des pratiques agricoles durables et responsables», a déclaré Pehin Dato Yahya Bakar, ministre de l’Industrie et des Ressources primaires, lors de son discours le dernier jour du Sommet de l’Asie sur les Forêts.

«Nous limitons notre production agricole à 1% maximum de nos zones terrestres, même pour (des activités) aussi importantes que la production d’aliments de base, tels que le riz», dit M. Bakar.

Il a déclaré que son pays s’était engagé à travailler avec l’Indonésie et la Malaisie – qui se partagent l’île avec le Brunei – pour conserver le Cœur de Bornéo, conformément aux engagements pris dans une déclaration en 2007.

«Au Brunei il existe une forte volonté politique et une participation active à tous les niveaux de la société pour protéger et conserver notre patrimoine forestier naturel», dit-il.

Il ajoute que le Brunei s’est également engagé à tirer profit de la «technologie et du savoir-faire» pour atteindre la sécurité alimentaire en utilisant une plus grande variété de cultures et des techniques agricoles plus productives, plutôt que de couper les forêts pour l’agriculture.

Le pays continuera à ouvrir sa forêt tropicale aux utilisations pour les recherches et études, déclare M. Bakar, en ajoutant que le Brunei avait décidé d’arrêter l’exploitation forestière dans sa réserve de forêt de production «afin de maintenir l’intégrité de nos écosystèmes forestiers».

«Nous reconnaissons la valeur croissante de notre écosystème forestier, puisque ses services écologiques et sa diversité biologique sont d’une plus grande valeur que les services fournis uniquement par le bois», dit-il.

Bornéo, la troisième plus grande île du monde, ne représente que 1% de la masse continentale de la Terre, alors qu’elle héberge dans ses forêts tropicales environ 6% de la biodiversité mondiale, selon le WWF.

Bornéo a perdu environ la moitié de son couvert forestier, majoritairement au cours des dernières décennies. Pendant les années 1970 l’exploitation forestière du bois dur tropical s’est intensifiée ; plus récemment les activités minières et les plantations d’huile de palme ont connu une expansion rapide.

Leçon apprise aux Philippines

Demetrio Ignacio, le sous-secrétaire du ministère philippin de l’Environnement et des Ressources naturelles, a pris la parole après le ministre du Brunei lors du Sommet. Il a décrit la façon dont la déforestation galopante avait laissé son pays avec seulement 24% de couverture forestière, un des plus faibles taux d’Asie du Sud-Est, et la façon dont le gouvernement déploie de grands efforts pour tenter de rétablir sa forêt (voir la vidéo ci-dessus).

Depuis 2011, le pays a élaboré un programme ambitieux de plantation d’arbres afin d’augmenter son couvert forestier jusqu’à 30% d’ici 2016. Il a également mis en place la première interdiction d’exploitation forestière du pays.

Depuis lors, les autorités ont saisi environ 25,5 millions de pieds-planche de produits forestiers récoltés illégalement et ont condamné plus de 180 personnes pour avoir contribué illégalement à la destruction des forêts, selon M. Ignacio.

Il ajoute que le pays utilise des drones pour surveiller la déforestation et a réduit le nombre de foyers d’exploitation forestière illégale de 84%, de 197 à 31 depuis 2011.

«Nous allons continuer à réduire le nombre de ces foyers jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus», dit-il.

Le sous-secrétaire a souligné l’importance de la lutte contre la déforestation pour combattre le changement climatique, en indiquant l’impact dévastateur des catastrophes naturelles, telles que le typhon Haiyan qui a ravagé des régions du pays, tuant plus de 6000 personnes et laissant des dizaines de milliers de déplacés.

Si les températures augmentent de plus de 2°C d’ici la fin du siècle, les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat auront «des conséquences graves pour les Philippines», déclare M. Ignacio.

«Nous sommes l’un des pays les plus vulnérables du monde face au changement climatique.»

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