Climat, développement et forêts: le président indonésien appelle à saisir un «moment décisif»

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a demandé à son successeur, qui prendra ses fonctions en octobre, d’étendre l'interdiction de délivrance de nouveaux permis d'exploitation forestière. Il soutient qu’il « reste encore beaucoup à faire » pour lutter contre les pratiques non durables d'utilisation des terres dans son pays et dans l’ensemble de la région.
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Indonesian President Susilo Bambang Yudhoyono and CIFOR Director General Peter Holmgren talk at the Shangri-La Hotel in Jakarta, 5 May 2014, on Day 1 of the Forests Asia Summit. CIFOR photo

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono (à gauche) et le directeur général du CIFOR Peter Holmgren entrent dans l’Hôtel Shangri-La à Jakarta, le 5 mai 2014, lors du premier jour du Sommet de l’Asie sur les Forêts. Photo: CIFOR

Note de la rédaction : Sur le site forestasia.org vous pouvez voir les dernières nouvelles du Sommet de l’Asie sur les Forêts. Les vidéos de toutes les présentations et discours du Sommet seront publiées ici.

JAKARTA, Indonésie – Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a demandé à son successeur, qui prendra ses fonctions en octobre, d’étendre l’interdiction de délivrance de nouveaux permis d’exploitation forestière. Il soutient qu’il «reste encore beaucoup à faire» pour lutter contre les pratiques non durables d’utilisation des terres dans son pays et dans l’ensemble de la région.

Devant les 2000 participants du Sommet de l’Asie sur les Forêts à Jakarta, M.Yudhoyono a exhorté les autres pays d’Asie du Sud-Est à se tenir à l’écart de la «voie autodestructrice du développement». Il a appelé les gouvernements de la région à s’engager à des pratiques durables d’utilisation des terres et d’investissement, qui ne viennent pas détériorer les ressources naturelles de l’Asie du Sud-Est – notamment ses forêts. L’Indonésie abrite la troisième plus grande zone de forêts tropicales du monde.

«Ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas pour notre bénéfice propre», déclare M. Yudhoyono. «C’est pour les milliards de personnes qui hériteront de notre Terre.»

Il s’agit d’un appel à l’action parmi d’autres, émis lors de ce moment critique pour informer les grands processus politiques mondiaux liés au changement climatique et au développement durable.

«Notre monde est à un tournant décisif», déclare Peter Holmgren, directeur général du Centre de Recherche Forestière Internationale, qui a co-organisé le Sommet avec le ministère indonésien des Forêts. «Les décisions qui doivent être prises sur la scène internationale au cours des 18 prochains mois, sont susceptibles de façonner notre avenir commun pour les générations à venir.»

L’Asie du Sud-Est est considérée comme l’avant-garde de la lutte l’équilibre des besoins d’une population grandissante, d’une économie en croissance et de la protection environnementale. Le Sommet de l’Asie sur les Forêts vise à réunir les acteurs régionaux – des gouvernements à la la société civile et au milieu universitaire en passant par le secteur privé – afin de générer des solutions équitables et inclusives à ce défi.

Sur les plans économique et démographique, l’Asie du Sud-Est est l’une des régions les plus dynamiques du monde. Au cours des dernières années elle a également subi certaines des pires conséquences du développement non durable et de l’expansion agricole – telles que les nuages de fumée, qui couvraient le ciel de l’Indonésie, la Malaisie et de Singapour, causés par des incendies à Sumatra d’origine humaine en juin 2013.

«Nous avons un problème», a déclaré Vivian Balakrishnan, ministre singapourien de l’Environnement et des Ressources en Eau. «Et la racine de ce problème sont les intérêts commerciaux inadaptés.»

Les entreprises établies sur les bénéfices à court terme en Asie du Sud-Est, dit-il, contribuent à faire avancer ce qu’il appelle le «vandalisme environnemental».

L’idée à la base de ce Sommet est que les problèmes d’un pays d’Asie du Sud-Est sont des problèmes communs à tous.

«Les pays seuls ne peuvent pas résoudre les problèmes interconnectés», y compris la pauvreté, les inégalités, la dégradation de l’environnement et l’instabilité économique, déclare U Win Tun, le ministre de l’Union pour la Conservation Environnementale et la Foresterie du Myanmar. Le ministre a exhorté la diminution des écarts de développement entre les Etats membres de l’ASEAN ; son pays a récemment ouvert ses portes aux échanges commerciaux.

Le Sommet a donné lieu à de nombreux forums de discussion autour de cinq thèmes – changement climatique, investissement durable, sécurité alimentaire, gouvernance et développement équitable. Les messages et résultats de ces discussions ont informé des panels de haut niveau sur ces thèmes lors du deuxième jour du Sommet, mardi. Le rôle du secteur privé a été un axe majeur du Sommet.

Plusieurs intervenants de haut niveau ont pris la parole mardi, y compris Manuel Pulgar-Vidal, le ministre péruvien de l’Environnement et président des pourparlers sur le changement climatique de la CCNUCC à Lima, au Pérou. Dr Rajendra Pachauri a également pris la parole, il préside le Groupe d’experts Intergouvernemental sur le Changement Climatique, qui a récemment publié un rapport d’évaluation sur l’atténuation du changement climatique.

Tous les pays d’Asie du Sud-Est ont envoyé des délégations au Sommet, afin de partager des leçons et expériences concernant la croissance verte et le développement durable. Des délégations ministérielles sont également venues d’Afrique et d’Amérique latine.

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