Ministre péruvien de l’environnement: «Nous n’allons pas répéter Kyoto»

Les forêts devraient être au cœur du prochain cadre climatique global, a déclaré le haut responsable de l’environnement du Pérou.
Partager
0

Les plus populaires

Note de la rédaction : Le discours du ministre Pulgar-Vidal peut être visionné dans son intégralité ci-dessus. Sur le site forestasia.org vous pouvez voir les dernières nouvelles du Sommet de l’Asie sur les Forêts. Les vidéos de toutes les présentations et discours du Sommet seront publiées ici.

JAKARTA, Indonésie – Les forêts devraient être au cœur du prochain cadre climatique global, a déclaré le haut responsable de l’environnement du Pérou.

S’exprimant lors du Sommet de l’Asie sur les Forêts à Jakarta, le ministre péruvien de l’Environnement Manuel Pulgar-Vidal a souligné la position complémentaire des pays de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud-Est lors des préparatifs du prochain accord climatique ; et a exhorté les dirigeants de la région à apporter tout leur soutien à un accord incluant davantage de parties prenantes et de perspectives.

«Il doit être clair que nous n’allons pas répéter Kyoto», dit-il. «Cet accord se fera grâce à une approche ascendante.»

Un accord contraignant sur le climat, succédant au Protocole de Kyoto, devrait être finalisé à Paris en 2015. M. Pulgar-Vidal va présider les négociations des Nations Unies sur le climat à Lima en décembre – les derniers pourparlers avant Paris.

Mardi, il a été sans équivoque sur la nécessité d’agir maintenant. «Nous sommes à un moment particulier», dit-il. «Nous donnons une impulsion parce que nous sommes à court de temps … Nous avons besoin de résultats à Lima.»

Veuillez trouver ci-dessous une transcription du discours du ministre Pulgar-Vidal. Il s’agit d’une transcription approximative pouvant contenir des erreurs.

“Bonjour, merci beaucoup, je suis ravi et très honoré d’être parmi vous, ici à ce Sommet de l’Asie sur les Forêts. Permettez-moi de dire, après avoir entendu qu’il y a 2000 personnes présentes ici, en plus de 3000 qui nous suivent en direct et je ne sais combien sur tweeter, je suis intimidé.

Néanmoins, je vais essayer de vous faire part de mes réflexions sur les thèmes suivants: la forêt, le changement climatique, le débat sur le climat, le débat sur le développement et la COP 20. Je vais donc aborder ces quatre thèmes.

Permettez-moi de dire que nous sommes à un moment particulier. Nous sommes à un moment où nous devons prendre des décisions. Nous sommes à un moment où, grâce à ce genre de séance, nous donnons de l’impulsion. Nous donnons de l’impulsion car nous sommes à court de temps pour prendre des décisions. Et nous avons un objectif. D’ici la fin de l’année prochaine, nous devons obtenir un accord. Un nouvel accord traitant les conséquences du changement climatique, pouvant donner à la nouvelle génération de l’espoir et apportant des nouveaux types de mesures afin de gérer les conséquences du changement climatique.

Alors permettez-moi de donner ce discours en séance plénière abordant sept sujets.

Premièrement, le débat sur le climat en tant que dialogue sur le développement. La question de connaître la place des forêts fait déjà partie du débat sur le développement. Nous sommes dans une époque où dans de nombreux pays, même dans les pays développés, nous vivons une crise économique, financière et idéologique.

De nos jours, nous discutons de nouvelles façons d’orienter notre développement. Le développement du monde. C’est donc le moment d’aborder des sujets ou des enjeux, un développement durable. Le thème du développement durable a été développé il y a 25 ans, c’était en 1987 que notre avenir commun a soulevé la question du développement durable.

20 ans après cela, le moment du sujet est venu. C’est le moment où nous pouvons, à travers de l’attention portée à ce sujet, développer de nouvelles idées, une nouvelle vision, de nouvelles façons d’orienter le développement dans de nombreux pays.

Or, quel est la place des forêts ?

Au sein du système de l’ONU, il existe un débat des audiences post-2015, ou audiences nouvelles, et dans le cadre de ces audiences nous discutons sur les ODD, les Objectifs de Développement Durable.

Donc, ce qui importe est d’essayer d’identifier à quel point les forêts devraient faire partie de cette discussion. Quels sont les types d’indicateur que nous devrions inclure dans le débat sur les ODD, afin de faire partie de ce que nous allons mesurer à l’avenir ? Combien pouvons-nous inclure les forêts dans cette discussion et combien incluons-nous ce genre de considération dans ce débat ?

En outre, dans ce débat sur le développement, nous parlons d’économie verte. Qu’est-ce que cela veut dire, économie verte ? Cela signifie de repenser la façon dont nous mesurons notre croissance. Nous devons inclure davantage de mesures considérées dans le PIB. Nous devons inclure dans le PIB la question de l’infrastructure naturelle. Et nous devons développer notre économie en émettant peu de carbone.

Par conséquent, les forêts jouent un rôle très important dans ce débat sur l’économie verte. De nombreux pays discutent actuellement de l’économie verte ou de la croissance verte, car elle fait partie du mandat du document Rio +20. Dans l’avenir que nous souhaitons, chaque pays doit établir, par rapport à sa propre réalité, la base pour une politique d’économie verte.

De nombreux pays d’Amérique latine, le Chili, la Colombie, le Mexique, ont déjà mis au point une politique d’économie verte. Le Pérou y travaille. Toutefois, nous devons inclure des considérations forestières dans l’économie verte, en nous basant principalement sur la réalité. La réalité dans de nombreux pays d’Amérique latine est que les plus grandes sources d’émissions de gaz à effet de serre sont la déforestation et les changements de l’utilisation des terres.

Donc, si nous voulons avoir une politique très claire pour faire face à ce problème, nous devons prendre en compte les forêts dans notre discussion sur l’économie verte. En outre, il existe la discussion concernant la TEEB, l’économie des écosystèmes et de la biodiversité. Grâce à cette dernière, nous devrions reconnaître que pour le développement nous n’avons pas uniquement besoin d’infrastructures artificielle ou humaine. Ce que nous devons considérer est l’infrastructure naturelle. Comment pouvons-nous considérer, dans le cadre des politiques pour engendrer de la croissance dans notre pays, cette infrastructure naturelle ?

Donc, je pense que nous devrions mettre la foresterie au cœur du grand débat de l’après 2015, des ODD, de la TEEB, de l’économie verte parmi beaucoup d’autres.

Il s’agit donc d’un très grand défi et inclure les forêts dans cette discussion devrait être notre objectif.

Mon deuxième point concerne la situation actuelle du débat sur le climat.

Et permettez-moi de dire que nous avons déjà établi un diagnostic. Probablement Dr Pachauri est d’accord avec ce que le GIEC a déjà identifié.

Nous savons que, selon la tendance actuelle, nous allons dépasser le seuil des deux degrés. Nous savons quelles en seront les conséquences.

Nous avons déjà identifié les objectifs, nous avons besoin d’un nouvel accord. Nous avons besoin d’un accord pouvant traiter ou remédier à ce problème. Nous devons prendre en considération le fait que tout le monde a une responsabilité concernant cette question.

Nous avons également reçu le mandat, nous avons atteint presque 20 ans de discussion sur le sujet du changement climatique. Depuis ‘92, nous sommes proches de célébrer la COP 20.

L’objectif de la COP 21 est d’aboutir à un accord. Nous reconnaissons qu’il y a des étapes à remplir avec ce mandat et qu’il faut oser atteindre les objectifs pour cet accord. La prochaine réunion du conseil d’administration se tiendra en juin, le sommet du secrétaire général sera en septembre, la COP 20 aura lieu à Lima en décembre, la COP 21 sera à Paris.

Donc, si les choses sont aussi claires que ce que je décris, pourquoi ne prenons-nous pas de décision ? Qu’est-ce qui échoue, pourquoi pensons-nous toujours que nous sommes dans la même situation qu’à Copenhague. Comment pouvons-nous changer ceci ?

Selon moi, il existe quelques sujets ou enjeux importants qui peuvent aider à faire face à cette situation.

Tout d’abord, nous devons intégrer la discussion. Actuellement, nous discutons des finances de manière isolée, la REDD, l’atténuation, l’adaptation, mais nous n’intégrons pas la discussion pour essayer d’apporter une solution.

Deuxièmement, nous devons être très clairs que nous n’allons pas répéter Kyoto. Kyoto a eu son temps. Désormais nous allons obtenir un accord grâce à une approche ascendante, permettant à chacun de reconnaître ses propres responsabilités.

Chacun doit prendre des mesures. Chaque pays doit prendre des mesures. En conséquence, cela ne va pas être comme Kyoto. L’accord va être d’un autre type.

Troisièmement, nous devons reconnaître que de nombreux acteurs, secteurs et pays sont actifs. Ces pays, ces secteurs, ces acteurs sont à la recherche de reconnaissance. Nous devons reconnaître le rôle du secteur des entreprises. Nous devons reconnaître les droits des peuples autochtones. Nous devons reconnaître ce que la société civile est en train de faire. Il est très difficile d’inclure ce qui a déjà été fait dans un accord. Pourtant, il est bien là le défi. Ce que nous devons mettre dans l’accord est une histoire de succès, les entreprises tentent de dire : s’il vous plaît, reconnaissez que les choses changent.

Nous ne sommes pas dans une année zéro. Nous sommes dans une époque où les secteurs d’activité et les différents acteurs apportent des solutions. Et également le secteur forestier.

Nous pouvons reconnaître que la seule façon d’apporter une solution est de reconnaître les réalités. Les différentes réalités. Ainsi, nous avons besoin de réinterprété les RCMD, Responsabilités Communes Mais Différenciées. Nous devrions inclure ces principes, mais d’une nouvelle manière. De manière à ce que tout le monde ait ses propres responsabilités.

Ceci est important pour le débat actuel sur le climat.

Permettez-moi de passer à ma troisième réflexion.

La question de la foresterie. Pour moi, le sujet de la foresterie est comme le jeune frère du débat sur le climat. Puisque la prise en compte de la forêt dans le débat sur le climat fut principalement abordée comme un mécanisme et pas comme un objectif.

Alors, comment pouvons-nous inclure la foresterie en tant qu’un objectif. Permettez-moi pour ce troisième point de passer de la réalité nationale au débat international.

Tout d’abord, nous devons renforcer les politiques, les politiques forestières. Dans ce sens, nous devons mettre en place la compétitivité du secteur forestier. Nous devons établir les conditions pour avoir une compétitivité du secteur forestier.

Deuxièmement, pour ce faire, nous avons besoin de suffisamment d’informations. Nous devons faire le suivi de nos forêts, concernant leur réalité, qualité et santé.

Nous devons également résoudre le problème de l’utilisation des terres. Le problème de l’utilisation des terres est lié à des incitations. Il est lié au grand débat concernant les droits de propriété, les concessions, les régimes fonciers et bien d’autres sujets.

Quatrièmement nous devons faire face aux processus de décentralisation dans de nombreux pays.

Dans un pays tel que le Pérou, la contradiction entre les politiques nationales et les politiques régionales crée beaucoup de conflits. Par conséquent, nous devons reconnaître que les secteurs locaux vont probablement prendre de meilleures décisions, encadrés par une politique nationale. Et nous devons créer les conditions qui conviennent à tous les deux.

La décentralisation constitue une partie importante de la discussion politique.

Mon deuxième point concerne les titres de propriété et le régime foncier, qui peuvent renforcer le secteur forestier.

Nous devons reconnaître le droit des colons et surtout des peuples autochtones.

Prenant en considération que les gens perdent actuellement confiance dans ce mécanisme, à cause du marché de carbone forestier. Ils pensent que ceci peut créer des conditions qui leur font perdre leurs terres, qui ne reconnaissent pas leur droit à la terre et sur la forêt.

Donc, dans le cadre de la garantie que nous devons développer, nous devons reconnaître le droit des personnes qui y vivent.

En outre, nous devons élaborer des moyens de résoudre les conflits, puisqu’il existe beaucoup de conflits autour de la forêt. Non seulement à cause des droits, mais aussi à cause des activités économiques.

Lorsque nous vivons dans des pays, tels que le Pérou ou dans le bassin de l’Amazone qui font face à cette nouvelle grande menace, l’exploitation minière légale, qui est la cause de destruction de la forêt, nous devons établir des conditions pour résoudre les conflits d’intérêts. Ces derniers sont issus d’un chevauchement de droits différents ; le pétrole, l’exploitation minière, la forêt, le tourisme, entre autres. Dans ce sens, l’axe des paysages peut beaucoup aider.

En outre, nous devons revoir notre système juridique. Parce que si nous essayons de développer les forêts sur la base de notre système juridique, nous faisons face à beaucoup de problèmes. Nous devons élaborer de nouvelles façons pour une bonne gestion forestière. Cependant, nous devons entrer en profondeur dans le débat sur le système juridique, par rapport à ce que nous devons faire pour établir cette bonne gestion.

Enfin, nous devons mettre en place des règles et des règles exécutoires. Nous devons disposer de moyens de faire respecter les règles. Car une partie du problème, en ce qui concerne les droits, titres de propriété et régimes fonciers, est le manque d’application des règles.

Mon troisième point, parmi cette troisième réflexion, concerne les incitations. Comment pouvons-nous amener le secteur privé, les entreprises, à gérer les forêts ? Quel genre de mesures incitatives pouvons-nous mettre en place pour que les entreprises fonctionnent en faveur des forêts. Cette initiative d’Unilever est un bon exemple de la façon dont un secteur privé peut jouer un rôle plus actif pour les forêts.

A quel point les initiatives de cette société d’huile de palme en Indonésie, en Malaisie, désolé je ne me souviens plus, peuvent-elles aider à trouver une nouvelle façon d’amener les entreprises vers les forêts ?

D’autre part, en ce qui concerne les incitations, ce que nous devons faire est de régler le problème de la valeur du carbone forestier.

Les prix actuels engendrent un manque d’intérêt. Le prix actuel de la limite du carbone dissuade les entreprises et les investisseurs à être plus près du secteur forestier.

Et nous devons reconnaître et avoir recours aux consommateurs, afin que les entreprises utilisent la chaîne d’approvisionnement pour protéger la forêt en tant que paysage.

Ainsi, en ce qui concerne les incitations, nous devons essayer d’assembler toutes les pièces.

Un pays tel que le Pérou a beaucoup de projets, beaucoup d’initiatives, mais nous ne les voyons pas comme un seul grand projet ou programme. Nous percevons les forêts de manière isolée. Nous percevons la forêt uniquement à travers des projets, des programmes, de la coopération.

Cependant, ce que nous devons générer sont de bonnes conditions. En ce sens, il peut être très utile de remplir le mandat de Varsovie et de mettre en place la contribution nationale.

Ma quatrième réflexion consiste à savoir à quel point nous pouvons nous baser sur un mandat pour élaborer un accord. Comme vous le savez Varsovie avait comme bénéfice de résoudre la plupart des discussions concernant la REDD.

Pas tous, mais certains des sujets ont déjà été abordés, ont déjà été résolus. Nous disposons donc de certains mandats. Pourtant, nous devons aller plus loin à un moment donné.

Tout d’abord, comment pouvons-nous inclure la discussion concernant la foresterie dans la discussion concernant les finances ? Comment pouvons-nous mettre en place d’une manière réaliste ce mandat de financements basés sur des résultats ?

Quelles sont les mesures que nous allons prendre pour satisfaire le financement basé sur les résultats, afin d’avoir une adéquation entre nos objectifs et l’argent ?

Le fait est qu’il existe un manque de confiance entre ceux qui vont donner de l’argent et ceux qui devraient faire le travail. Ainsi, nous devons élaborer une sorte d’indicateur de ce que signifie vraiment le financement basé sur des résultats.

Comment pouvons-nous ajuster le financement par rapport à nos propres objectifs ? Pour ceci la capitalisation du fonds vert pour le climat est évidemment aussi très importante. Néanmoins, la capitalisation de l’UCF va être un signal politique, mais elle ne sera pas suffisante.

Elle va apporter plus de confiance à cette discussion, mais ne sera pas suffisante. Dans la discussion sur le financement, le grand débat porte sur les bailleurs ; le public, le nouveau fond public, le fond pour l’aide au développement classique ou alors les bailleurs privés. A quel point le fond public peut-il engendrer un effet de levier pour les fonds privés ? Combien d’argent le nouveau marché obligatoire peut-il apporter pour faire ce que nous devons faire ?

Inclure la forêt dans la discussion financière est un point important.

Le deuxième point s’agit d’un mandat, nous devons identifier le point central, l’entité centrale. Qui va jouer ce rôle ? Et sans doute nous allons avoir dans de nombreux pays une discussion entre les ministres des Finances, les ministres de l’Agriculture, les ministres de l’Environnement, parmi beaucoup d’autres.

Alors, comment pouvons-nous bâtir des nouvelles entités ? Comment pouvons-nous construire de nouvelles façons de coordonner entre ces différentes entités ? Nous avons besoin d’un point central très fort. Mais pour cela, nous devons penser d’une nouvelle manière afin de mettre en place de bonnes conditions, afin d’avoir un objectif très fort en ce sens.

Un mandat consiste à établir un système national de surveillance forestière. Toutefois, pour ce faire nous avons besoin de notre propre méthodologie. Mondialement, il existe de nombreuses méthodes différentes.

Pour établir différents types de méthodologies de surveillance des forêts, on a recours aux compétences de différents secteurs, entreprises, universités. Le défi des pays est d’essayer de les recueillir et, en se basant sur elles, de construire leur propre méthodologie pour le suivi de leurs forêts.

Puisque nous voyons de nombreux pays, qui utilisent des différents types de méthodes, qui se critiquent mutuellement, nous reconnaissons que nous devons créer notre propre méthodologie, basée sur ces expériences. Il est important d’avoir un système très fiable de surveillance des forêts.

Enfin, il existe un mandat pour aborder les facteurs de déforestation. Les facteurs de déforestation impliquent de percevoir la forêt comme un paysage. C’est ce que le CIFOR est en train de faire ; aborder la forêt comme un écosystème ; prendre en considération la réalité de la forêt non seulement par les arbres, mais les hommes, le paysage, la réalité, les enjeux agricoles ; inclure toutes les discussions pour tenter d’identifier les facteurs de la déforestation.

Ma cinquième réflexion concerne les sécurités. Permettez-moi de souligner l’importance pour cette discussion du document du Programme Mondial pour la Canopée. Il s’agit de la sécurité de l’Amazonie face au changement climatique.

Lorsque nous parlons de sécurités dans ce contexte, et il s’agit d’un document très important, nous parlons de la sécurité de l’eau, la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire.

Lorsque nous parlons de la sécurité autour de la forêt tropicale, nous sommes en mesure d’inclure de nouveaux acteurs : le ministère de la défense, le ministère de la santé, le ministère de l’agriculture ; des acteurs multiples qui ne travaillent pas nécessairement sur les sujets.

Il ne s’agit donc non seulement de reconnaître quelles seraient les conséquences du changement climatique pour la forêt tropicale, mais d’un moyen de créer un lien entre les différents secteurs et les différents acteurs.

Par conséquent, le sujet des sécurités pourrait sûrement être un bon moyen de faire avancer ce débat et de l’inclure dans nos préoccupations locales ainsi qu’économiques. Je pense que les sécurités sont un moyen important de créer une plus grande sensibilisation sur le rôle des forêts.

Mon sixième point n’est qu’une suggestion, je n’ai pas la réponse. Puisque nous parlons des ODD, pourquoi, et je pose ce défi à CIFOR, nous ne discutons pas d’un ODF : Objectif de Développement Forestier ?

Qu’est-ce que nous voulons mesurer ? Quel genre d’indicateurs voulons-nous inclure dans cette discussion ? Que, selon nous, sont des indicateurs clairs qui vont nous indiquer que nous améliorons la gestion de nos forêts. Je pense que c’est le moment pour le faire, nous pouvons développer un ODF.

Permettez-moi de vous dire ce qui m’est arrivé il y a quelques semaines. Nous avons discuté avec des entreprises au Pérou d’une campagne que nous développons dans le cadre de la COP 20. L’un des hommes présents nous a dit, lorsque nous avons discuté de la croissance ou performance économique d’un pays, qu’il s’agissait d’un indicateur très clair. Le PIB, excusez-moi, mais je ne sais pas le dire en anglais, balanza de pagos, par rapport à deux ou trois indicateurs.

Quand nous parlons de secteurs sociaux, nous avons l’habitude de parler de la pauvreté, de la nutrition, entre autres. Cependant, lorsque nous parlons de l’environnement ou lorsque nous parlons des forêts, nous ne savons pas exactement ce que nous devons démontrer, ce que nous devons mesurer et prouver.

Il est donc important de disposer d’indicateurs et probablement d’essayer d’aboutir à un ODF. Ceci pourrait être un bon moyen d’avancer dans cette discussion.

Donc, puisque je prends trop de temps, je vais passer à ma dernière réflexion.

Permettez-moi de dire ce que nous faisons dans le cadre de l’organisation de la COP 20, ce que nous faisons en tant que pays hôte de la prochaine COP 20.

Tout d’abord, nous sommes très confiants, nous savons que nous sommes en mesure de faire quelque chose. Nous savons que nous sommes en mesure de faire évoluer la discussion vers un accord. Nous sommes conscients du fait que c’est un grand défi, c’est difficile, c’est complexe. Toutefois, sur la base de la position de l’Amérique latine et également sur la base des partenariats entre les pays, tels que les pays de l’Asie du Sud-Est, nous pouvons faire quelque chose.

Pour ce faire, nous avons besoin de résultats. Quant à Lima, le résultat attendu devrait être, doit être, une ébauche d’un accord solide qui sera signé à Paris.

Pour cela, nous devons avancer les processus formels et non formels de reconnaissance des rôles des ADP. Pour ce faire, nous pouvons profiter du sommet en septembre, qui cherche à apporter une volonté politique au processus de négociation. Il visa à amener les dirigeants mondiaux à offrir et mettre sur la table ce qu’ils sont en mesure d’offrir au monde. Donc, nous disposons des ADP, nous avons le sommet en septembre, nous avons des réunions telles que celle-ci où nous discutons du secteur forestier ; sur cette base, nous pouvons faire face à notre objectif de parvenir à un projet d’accord d’ici la fin décembre.

Cependant, ce n’est pas le seul objectif que nous visons.

Le deuxième objectif consiste à essayer d’apporter un certain contenu à l’adaptation. Nous avons l’habitude de parler de l’adaptation, mais pas nécessairement avec un contenu clair.

Que signifie la résilience pour l’adaptation ? Quels rôles jouent les forêts dans l’adaptation ? Quel est l’ordre du jour des pays en voie de développement pour qu’ils reconnaissent l’adaptation ? A quel point pouvons-nous intégrer la discussion sur l’adaptation dans la contribution nationale et dans l’accord final ?

Ceci est donc notre deuxième objectif. Et pour cela, nous avons un mandat, nous devons réviser les meilleures lignes directrices pour les plans nationaux d’adaptation, les PNA. Ceci est donc une de nos missions.

Le troisième objectif consiste à essayer d’améliorer le débat sur la finance, d’aboutir à certains résultats. Comme je l’ai déjà mentionné, la capitalisation du fonds vert pour le climat est importante.

Pour ce faire, notre quatrième mandat consiste également à apporter des informations qui vont aider à déterminer la contribution nationale. Nous considérons que l’équilibre entre la finance et les CND nationaux est un bon moyen d’établir la confiance ; amener les pays développés à mettre de l’argent sur la table et amener les pays en voie de développement à identifier leurs propres actions, non seulement pour l’atténuation mais également pour l’adaptation.

Nous sommes prêts à organiser la COP. Nous agissons rapidement, nous faisons de grands efforts pour que les pays prennent des décisions à la fin de cette année.

Donc, laissez-moi finir en disant encore une fois que je suis ravi d’être ici. Je pense qu’il est très important, même s’il s’agit d’une discussion sur les forêts de l’Asie du Sud-Est, que cette région du monde prennent part dans la discussion afin d’essayer de soulever le débat sur les forêts et de ne pas continuer à être le frère cadet du débat.

Nous devons aboutir à des décisions politiques, des solutions politiques sur les forêts, non seulement dans le cadre du débat sur le climat, mais également du débat sur le développement. Merci beaucoup.”

(Visited 37 times, 1 visits today)