La conversion non durable des forêts en richesses privées doit cesser, selon un économiste

Le passage vers une économie verte nécessite de cesser la conversion non durable des richesses publiques en richesses privées, tout en tenant compte des coûts sociaux engendrés par les activités du secteur privé, selon un économiste éminent.
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JAKARTA, Indonésie — Pour passer vers une économie verte, il faut cesser la conversion non durable des richesses publiques en richesses privées, tout en tenant compte des coûts sociaux engendrés par les activités du secteur privé, selon un éminent économiste.

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle a pris beaucoup d’ampleur puisque les changements démographiques et le développement non durable ont accéléré la dégradation de l’environnement -en particulier en Asie du Sud-Est où la croissance rapide s’est faite au détriment des forêts de la région.

Les bénéfices fournit par les forêts, tels que le stockage et la gestion de l’eau, la séquestration du carbone, la pollinisation des cultures, la protection de la biodiversité parmi d’autres, «sont des biens et services publics. Ils n’appartiennent à personne, ils appartiennent à tout le monde», déclare Pavan Suhkdev, ambassadeur de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Au cours d’un entretien lors du récent Sommet de l’Asie sur les Forêts à Jakarta, M. Sukhdev a déclaré que la destruction des zones forestières par des activités commerciales représente «la conversion de richesses publiques en richesses privées. Est-ce qu’il s’agit là d’une conversion souhaitable?»

M. Sukhdev est l’un des 120 intervenants du Sommet qui se sont concentrés sur les dialogues, les investissements et la recherche susceptibles d’ouvrir la voie à une économie verte en Asie du Sud-Est. L’économie verte permettrait, selon les termes de M. Sukhdev, d’améliorer l’équité sociale en réduisant l’écart entre riches et pauvres; en enrayant les émissions qui provoquent le changement climatique; et en assurant les besoins vitaux tels que la fertilité des sols et la disponibilité en eau douce.

La transformation du secteur privé est nécessaire pour y parvenir, déclare M. Sukhdev, directeur général de GIST Advisory et chef de L’Economie des Ecosystèmes et de la Biodiversité (TEEB). Cette-dernière est une initiative mondiale qui vise à mettre en évidence les bénéfices économiques de la biodiversité ainsi que les coûts engendrés par la perte de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes.

«Le modèle politique, économique et institutionnel actuel consiste à convertir beaucoup de richesses publiques… en peu de richesses privées», dit-il. «D’un point de vue économique ceci ne fait pas de sens et devrait cesser.»

«Le défi actuel est de savoir comment nous pouvons ajuster les politiques, prix et institutions… afin de réaliser ce compromis fondamental entre les richesses publiques et privées pour le bien-être de l’humanité.»

Regardez l’entretien complet avec Pavan Sukhdev ci-dessus.

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