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Femmes et sciences sociales: les institutions forestières manquent de vision globale

« La gestion forestière réellement durable reste une chimère ».
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SALT LAKE CITY, ETATS-UNIS — Les femmes rurales restent «en quelque sorte invisibles» dans le monde de la foresterie, en dépit d’une prise de conscience croissante de leur rôle dans les milieux forestiers, selon un expert de premier plan.

La plupart des institutions forestières «ignorent la contribution potentielle de la moitié de la population mondiale», déclare Carol Colfer, associé principal du Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) qui étudie l’anthropologie et les forêts depuis 20 ans.

Dans son discours lors du récent Congrès mondial de l’IUFRO 2014, Mme Colfer a exposé les défis et opportunités pour la recherche lorsqu’elle vise à informer la gestion durable des forêts en mettant l’accent sur les humains, surtout les femmes.

La gestion forestière réellement durable reste une chimère

Carol Colfer

Toutefois, se concentrer sur les femmes seules «n’a pas été suffisant», dit-elle. «Nous devons examiner les interactions hommes-femmes, au lieu de voir seulement ce que font les femmes et ce que font les hommes.»

Mme Colfer conseille également d’examiner de plus près les sujets connexes qui sont généralement considérés comme tabous dans les cultures étudiées, tels que l’accès aux moyens de contrôle des naissances, les attentes vis-à-vis des responsabilités domestiques et la violence contre les femmes.

Les relations hommes-femmes au sein de paysages forestiers faisait partie d’un examen plus vaste de Mme Colfer sur la façon dont les chercheurs étudient les interactions humaines dans les forêts. Elle souligne la nécessité d’inclure davantage de chercheurs en sciences sociales dans le domaine afin d’examiner des questions qui, selon elle, n’ont pas été étudiées de façon systématique, telles que l’agriculture sur brûlis ou le rôle des forêts en matière de nutrition et de santé humaine. Bien qu’il y ait eu des mesures encourageantes en ce sens, elle dit que l’attention portée à ces questions a été l’exception plutôt que la règle.

Nous devons examiner les interactions hommes-femmes, plutôt que de voir seulement ce que font les femmes et ce que font les hommes

Carol Colfer

La trajectoire des hommes et des forêts du Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR)

« La plupart des institutions forestières ont peu ou pas d’expérience ou de formation concernant les communautés », dit-elle. « Le paramètre pris en compte est le bois, sans que beaucoup d’attention soit portée à la biodiversité ou les produits forestiers non ligneux », poursuit-t-elle.

De telles institutions comptent rarement des chercheurs en sciences sociales parmi leur personnel. Selon elle, ce fait contribue à l’antagonisme envers les populations locales qui sont souvent criminalisées par des politiques gouvernementales pour des activités de subsistance, telles que la chasse ou l’abattage sélectif.

En conséquence, « la gestion forestière réellement durable reste une chimère », dit-elle.

Mme Colfer énumère des approches utiles pour intégrer des considérations relatives à l’égalité des sexes. Le but étant de surmonter certains des défis – tout particulièrement la nécessité de surmonter les suppositions relatives aux hommes et aux femmes.

Les rôles arbitraires associés au genre déterminent les chances qui s’offrent dans la vie des hommes et des femmes, dit-elle. « Nous pouvons et devons œuvrer pour un monde forestier dans lequel les forces, intérêts et voix des femmes et des hommes peuvent structurer leurs propres vies et leurs interactions avec les paysages forestiers. »

« Le résultat en vaudra la peine. »

Pour plus d’informations sur le genre et la foresterie, veuillez contacter Carol Colfer sur c.colfer@cgiar.org.

La recherche du CIFOR sur l’égalité des sexes fait partie du Programme de recherche du CGIAR sur les Forêts, les Arbres et l’Agroforesterie.

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Thèmes :   Égalité des genres