La dégradation des forêts décime la faune et la flore sauvages en Afrique : il faut accélérer la REDD

DURBAN, Afrique du Sud (5 décembre 2011)_La dégradation des forêts d’Afrique décime la faune et la flore sauvages du continent, a déclaré la présidente de l’African Wildlife Foundation, Helen Gichohi, qui appelle à une accélération du financement de la REDD+ pour sauver la forêt africaine.
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Crédit photo: Andrew Heavens/flickr.

DURBAN, Afrique du Sud (5 décembre 2011)_La dégradation des forêts d’Afrique décime la faune et la flore sauvages du continent, a déclaré la présidente de l’African Wildlife Foundation, Helen Gichohi, qui appelle à une accélération du financement de la REDD+ pour sauver la forêt africaine.

« Le taux de déforestation en Afrique est déjà quatre fois plus élevé que la moyenne mondiale, et il est en train de s’accélérer », a expliqué Helen Gichohi dans son discours d’ouverture de la cinquième Journée de la forêt, à Durban. « La disparition des forêts, le surpâturage des terres de parcours et la conversion en cultures des prairies et des zones humides servant de zones refuge contre la sécheresse […] ont diminué la résilience du système. »

La nécessité de trouver des solutions pratiques pour protéger les forêts d’Afrique a atteint son point de bascule, de récentes inondations ayant décimé les espèces sauvages et le bétail dans l’un des premiers écosystèmes sauvages et touristiques du Kenya, a poursuivi l’oratrice.

« Cela faisait mal au cœur de voir le parc national et la zone communautaire voisine jonchés de carcasses d’animaux sauvages et de bétail. Les populations sauvages ont fortement diminué et les pasteurs ont perdu 80 % de leur élevage », a-t-elle ajouté.

Selon les estimations, 9 % de la couverture forestière ont été perdus entre 1995 et 2005 en Afrique subsaharienne, ce qui correspond à une perte moyenne de 40 000 km² de forêt par an. Ainsi, le Kenya a par exemple perdu la majorité de son couvert forestier pour faire place aux habitations et aux activités agricoles, ne laissant qu’une couverture de 1,7 %.

Ce phénomène entrave les efforts nationaux de développement et de conservation et, plus important, menace les moyens de subsistance de millions de personnes, en raison de la réduction des effets de régulation climatique offerts par les forêts.

« Les forêts jouent un rôle important pour les gouvernements nationaux en matière de croissance économique et de développement. Elles sont indispensables à la vie sauvage unique et extraordinaire que possède l’Afrique et sont importantes à l’échelle mondiale pour la conservation de la biodiversité, la stabilisation du climat et les autres services qu’elles fournissent. Ces valeurs se font parfois concurrence […] et ces besoins concurrents sont conciliés pour permettre aux populations de prospérer et aux espèces sauvages d’Afrique de survivre », a expliqué Helen Gichohi.

Alors qu’au niveau international, les fonds sont disponibles pour les actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, peu de capitaux parviennent aux populations et aux communautés forestières, là où ils pourraient transformer les moyens de subsistance et la biodiversité.

Des dispositifs nationaux sont de toute urgence nécessaire pour une accélération de la mise en œuvre sur le terrain de systèmes de REDD+ planifiés de manière responsable, a poursuivi Helen Gichohi, afin de lancer des initiatives locales permettant de lutter contre le changement climatique et contre la menace qu’il représente pour les populations comme pour les écosystèmes.

« Pour que la REDD fonctionne, nous devons faire baisser les coûts de transaction liés à la commercialisation du carbone. Nous devons mettre en place des moyens de partager de manière juste et équitable les revenus tirés du carbone, en particulier avec ceux qui assument les coûts d’opportunité liés à la renonciation de l’utilisation prévue des forêts. Et nous devons répartir de manière juste et équitable les responsabilités de conformité à long terme. »

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