En matière de REDD+, l’Australie et la Californie suscitent des espoirs pour le secteur privé

DURBAN, Afrique du Sud (8 décembre 2011) – L’adoption de lois en Australie et en Californie susceptibles d’attribuer une valeur monétaire au carbone crée des « poches d’optimisme » pour le secteur privé, qui pourrait être incité à investir dans des projets pilotes de REDD+, annonce une banque d’investissement.
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À partir de mi-2012, l’Australie va imposer une taxe sur les centrales électriques au charbon et d’autres grands pollueurs. Crédit photo : Marcus Wong.

DURBAN, Afrique du Sud (8 décembre 2011) – L’adoption de lois en Australie et en Californie susceptibles d’attribuer une valeur monétaire au carbone crée des « poches d’optimisme » pour le secteur privé, qui pourrait être incité à investir dans des projets pilotes de REDD+, annonce une banque d’investissement.

Ces signaux politiques sont importants en l’absence d’un signe de la CCNUCC indiquant que le carbone forestier sera reconnu dans le cadre de conformité, a déclaré Brer Adams, le directeur associé de Macquarie Global Investments, lors de la cinquième Journée de la forêt qui vient de se dérouler en marge du sommet de l’ONU sur le climat, à Durban. « Tout le monde attend l’émergence de ces signes politiques. »

Cette non-reconnaissance par la CCNUCC empêche les développeurs de la REDD+ de tirer parti de la vente des crédits carbone dans le système européen d’échange de quotas d’émissions (SEQE), qui représente 97 % du marché mondial et s’est élevé à 142 milliards de dollars américains l’année dernière. L’engagement du secteur privé dans la REDD+ se limite actuellement à la vente de carbone forestier sur les marchés volontaires et au financement de la conservation des forêts ou de la plantation d’arbres dans le cadre de programmes de responsabilité sociale des entreprises.

Macquarie a conclu des partenariats avec la Société financière internationale (la filiale de la Banque mondiale chargée du secteur privé), et Global Forest Partners pour lever 25 millions de dollars et investir dans des projets de REDD+. Le fonds, géré par la filiale BioCarbon de Macquarie, se concentre sur des projets en Asie du Sud-Est, en particulier en Indonésie.

Mais Macquarie a décidé de ne plus lever de fonds en raison des complexités de la REDD, un dispositif qui continue d’évoluer, a déclaré Brer Adams. Une autre raison à cela est qu’il n’existe pas suffisamment d’activités de démonstration adaptées à l’investissement privé, lequel exige le respect de normes rigoureuses imposées par les marchés volontaires pour vendre les crédits, a-t-il poursuivi. « Tant que le secteur privé ne pourra pas investir dans des projets de démonstration, il est difficile d’envisager un passage rapide à l’échelle supérieure. »

Ecosystem Marketplace a indiqué dans un rapport  que 30,1 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone issu des forêts ont été négociées sur les marchés carbone l’année dernière, pour une valeur totale estimée à 178 millions de dollars. Les prix moyens sur le marché primaire du carbone forestier ont augmenté de 22 % pour atteindre une moyenne de 5,50 dollars/tonne en 2010, contre 4,50 dollars/tonne l’année précédente. Ces chiffres incluent le carbone provenant des projets de réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts, ainsi que du boisement et de l’amélioration des méthodes de gestion des forêts. BNP Paribas et Gazprom Marketing & Trading font partie des investisseurs qui tentent de monétiser le carbone forestier, indique le rapport.

La Californie a récemment approuvé le premier système obligatoire de plafonnement et d’échange de droits d’émission en Amérique du Nord, lequel entrera en vigueur en 2013, et indiqué qu’il pourrait permettre aux entreprises d’acheter des crédits carbone en dehors des États-Unis à partir de 2015. Selon la presse anglophone, le SEQE de l’UE et quatre provinces canadiennes envisagent de rejoindre le marché carbone de la Californie.

Le mois dernier, l’Australie a adopté une loi instaurant, à partir de mi-2012, une taxe visant les centrales électriques au charbon et d’autres grands pollueurs. La Nouvelle-Zélande a mis en place son système d’échange l’année dernière et va l’étendre à tous les secteurs d’ici à 2015.

Les projets de REDD+ doivent offrir au secteur privé des « opportunités très professionnelles et très axées sur les résultats » afin d’attirer les investissements, a jugé Virgilio Viana, PDG de l’Amazonas Sustainable Foundation (FAS). Environ 93 % des fonds investis par l’organisation brésilienne de protection de la nature proviennent d’entreprises privées, ce qui permet à celles-ci d’atteindre leurs objectifs en matière de responsabilité sociale des entreprises et d’améliorer leur image.

Pour lire d’autres comptes rendus sur la Journée de la forêt, rendez-vous sur le blog du
 Center for People and Forests (RECOFTC)

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